« Je connais mes limites », Théodore Holo ne se voit pas président du Sénat

Au Bénin, la trêve politique ainsi que la réforme du Sénat instaurées par la Constitution de novembre 2025 continuent de susciter des réactions. Intervenant, dimanche..

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Au Bénin, la trêve politique ainsi que la réforme du Sénat instaurées par la Constitution de novembre 2025 continuent de susciter des réactions. Intervenant, dimanche 03 mai 2026, dans l’émission « L’Entretien Grand Format » sur Bip Radio, l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a apporté des explications sur certaines zones d’ombre.

Pour le professeur Théodore Holo, la trêve politique n’est pas synonyme d’absence de critique. Contrairement à ce qui se distille dans l’opinion publique, les acteurs politiques sont libres d’exprimer des avis contraires sur l’action publique. Mais cette liberté d’opinion, a-t-il précisé, ne doit pas s’exercer à l’encontre des intérêts de la Nation. Dans son intervention, Théodore Holo a appelé à bannir l’opposition aveugle, qui consiste à critiquer sans apporter de plus-value. Selon lui, en critiquant l’action du gouvernement, les acteurs politiques de l’opposition doivent être en mesure de faire des propositions concrètes, comme c’est le cas dans certains pays développés. « Au Bénin, critiquer, c’est empêcher le président de réaliser le programme pour lequel il a été élu avec le soutien du vote populaire », a regretté le septuagénaire. Pour l’ex-ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, le rôle de l’opposition n’est pas d’empêcher le pouvoir en place de dérouler son programme, mais plutôt de faire des propositions alternatives. « La critique doit être positive. Quand on critique, c’est qu’on apporte quelque chose de précieux », a-t-il fait savoir, ajoutant que « sur un sujet donné, il faut réfléchir avant de critiquer. C’est ce qui constitue le fondement du débat démocratique ». Membre de droit du Sénat, Théodore Holo a, lors de son intervention, décliné le poste de président de cette institution, affirmant vouloir laisser ce privilège à des « aînés plus expérimentés ». « Je vais servir suffisamment mon pays, mais ce n’est pas forcément en devenant président que je vais mieux le servir. Je connais mes limites. Quand j’ai un aîné qui est là et qui a l’expérience, je lui fais confiance. Or, au Sénat, il y a des gens qui ont plus d’expérience », a-t-il indiqué, rappelant avoir esquivé, en 2015, une sollicitation du président Boni Yayi pour être candidat à l’élection présidentielle de 2016.

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