Escroquerie en parcelles : prison ferme pour le 2è adjoint au maire de Porto-Novo

L’affaire d’escroquerie présumée en parcelles à la mairie de Porto-Novo, impliquant le deuxième adjoint au maire, Alain Tozo, et plusieurs autres personnes, a livré son verdict à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Ce jeudi 14 août 2025, la Cour a rejeté l’incompétence soulevée par le ministère public, et a…

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L’affaire d’escroquerie présumée en parcelles à la mairie de Porto-Novo, impliquant le deuxième adjoint au maire, Alain Tozo, et plusieurs autres personnes, a livré son verdict à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Ce jeudi 14 août 2025, la Cour a rejeté l’incompétence soulevée par le ministère public, et a rendu son verdict final.

Dans sa décision, le magistrat de l’État a reconnu le 2e adjoint au maire de Porto-Novo coupable des faits d’abus de fonctions. Le juge a prononcé la condamnation de l’élu municipal à trois ans de prison ferme et à cinq millions de FCFA d’amende. Il a requalifié les infractions préalablement retenues contre l’ancien chef de service des affaires domaniales de la mairie en « abus de fonctions et blanchiment de capitaux ». Ce dernier est condamné à sept ans de prison ferme et à 100 millions de FCFA. De même, un ancien chef d’arrondissement, reconnu coupable d’abus de fonctions et de blanchiment de capitaux, écope de cinq ans d’emprisonnement ferme et 50 millions de FCFA d’amende. Un autre agent de la mairie a été condamné à trois ans de prison ferme et 25 millions de FCFA d’amendes pour « fausse attestation et blanchiment de capitaux ». En plus de ces condamnations, la Cour a ordonné la confiscation des parcelles des prévenus au profit de la mairie. La parcelle au cœur de la procédure est également confisquée au profit de la mairie. Selon Banouto, la Cour a condamné le 2e adjoint au maire à dédommager le propriétaire de cette parcelle pour un montant de 5 millions de FCFA. Les faits Pour rappel, le deuxième adjoint au maire de la ville vitrine du Bénin a été interpellé et écroué depuis le 10 mai 2024. Poursuivi pour «abus de fonction et complicité d’abus de fonction», il lui est reproché d’avoir établi de faux documents à deux parcelles au nom de la mairie. Les faux documents ont été établis en violation des règles en vigueur, contre la somme de 600 000 FCFA, remise par l’un des prévenus, le nommé Jean Sèssou. Le pot aux a été découvert suite à une enquête ouverte dans ce sens par les autorités compétentes. Comme Alain Tozo, plusieurs autres personnes ont été épinglées dans cette affaire. Il s’agit de Smith Patrick Césaire Agossou, ex-collaborateur de l’ex-chef service affaires domaniales, Hugues Faihun, ex-chef service affaires domaniales et le sieur Jean Sèssou mais aussi, Zoumenou Fifamé. Seule femme poursuivie dans le dossier, on lui reproche d’avoir bénéficié des parcelles incriminées. Principal accusé dans l’affaire, le deuxième adjoint au maire de Porto-Novo a toujours plaidé non coupable depuis l’ouverture du procès. Lors de l’audience du jeudi 24 juillet 2025, le conseil de la mairie a noté plusieurs dysfonctionnements dans les dossiers des parcelles en cause. L’avocat a remarqué que les informations contenues dans les dossiers des parcelles sont non conformes au répertoire. Il a dit avoir constaté l’absence de la page de lot mentionnée sur le compulsoire de 2018 et le défaut de certification du cabinet du géomètre. Aussi, a-t-il relevé le caractère douteux des documents composant les divers dossiers. Pour cela, l’avocat a proposé à la Cour de retenir le deuxième adjoint au maire, Alain Tozo, dans les liens de la prévention pour « abus de fonctions ». L’avocat a demandé qu’ils soient condamnés à la peine qu’il plaira au ministère public de requérir. Il a réclamé aux prévenus, la somme de 3 milliards de francs CFA pour les préjudices causés à la commune.

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