Depuis le début de la rentrée scolaire au Bénin, le collège d’enseignement général de Bopa, dans le département du Mono, est confronté à une situation hors du commun voire surréaliste. Des crises sanitaires sont enregistrées de manière répétée dans le rang des apprenantes, obligeant autorités et parents d’élèves à initier des séances de prière dans le but de conjurer le mal dont l’origine reste pour l’heure douteuse.
C’est un mauvais vent qui souffle sur le collège d’enseignement général de Bopa. Depuis la rentrée académique 2025-2026, aucune semaine ou mois ne passe sans qu’une apprenante soit transportée en urgence au centre de santé de Bopa, situé à quelques mètres seulement de l’établissement. En effet, en pleine situation de classe et parfois même lors des cérémonies de montée des couleurs, des élèves pour la plupart filles, prises d’une crise insoutenable, s’effondrent et perdent connaissance devant enseignants et camarades. Le phénomène qui a longtemps perduré, peine à s’arrêter en dépit des mesures prises par les responsables du collège. Le dernier cas en date remonte au vendredi 13 mars 2026. Ce jour-là, une élève en classe de 1ère D fait une sévère crise sanitaire. En plein cours de mathématiques, la jeune fille âgée de moins de 18 ans s’est effondrée, sous le regard impuissant de ses camarades de classe. Entre panique et peur, la victime, sur instruction des autorités administratives, est transportée d’urgence à l’Hôpital après que les tentatives de réanimations se sont révélées vaines. Ce n’est malheureusement pas un cas isolé. Quelques heures plus tôt, soit jeudi, une élève en classe de troisième M1 avait également subi le même sort. Scénario identique lors d’une cérémonie de montée des couleurs où trois apprenantes se sont évanouies successivement. C’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Face à l’urgence que présentait la situation, le bureau des parents d’élèves en accord avec l’administration du collège, a fait appel aux hommes de Dieu. « Nous avons invité les pasteurs qui sont venus prier dans l’établissement et des séances de prières sont initiées. Après la prière des pasteurs, ça a cessé un peu. Mais la dernière fois, une fille est tombée encore hors de l’école », a confié Honorine Anato, Présidente du Bureau des Parents d’élèves du CEG Bopa. « On ne connait pas la cause », mais… Selon Madame Honorine Anato, la cause du phénomène demeure jusque-là, un mystère pour élèves, parents et responsables de l’établissement. « On ne connait pas la cause. A l’hôpital, ils nous ont parlé d’hypoglycémie, que les enfants doivent manger les matins avant d’aller en salle », a-t-elle déclaré. Joint au téléphone, le Surveillant Général du CEG Bopa, Tchècli Kouassi Prosper, a lui aussi confirmé l’information. Toutefois, il a tenu à rassurer de ce que la situation est désormais sous contrôle. « Les cas ont considérablement diminué », a-t-il précisé. Interrogé par rapport au phénomène, un responsable anonyme du centre de santé de Bopa a avoué avoir reçu et traité plusieurs victimes. « Généralement, c’est des filles âgées de 15 à 19 ans. Elles subissent des crises hypoglycémiques. C’est souvent lié à la baisse du taux du sucre. Quand elles viennent, on fait la mise en examen après ça je demande des bilans sanguins. Mais dans la plupart des cas, les bilans ne donnent souvent rien », a-t-il expliqué. Selon lui, la cause probable de ces crises serait liée au fait que les victimes sont sous alimentées. « Mais normalement, si tu n’as pas un problème, tu peux tenir jusqu’à 10 heures voire 11 heures sans manger. Malheureusement, à 8heures, tu les vois déjà en crise. Je ne sais pas comment il faut expliquer cela. Tantôt j’interroge les parents et je demande à savoir si les enfants ont été réanimés à la naissance ou elles avaient des pathologies qu’on banalise. Dans la plupart des cas, les parents disent non », a-t-il précisé. Du jamais vu L’une des victimes contactée, déclare : « J’ai l’habitude de manger les matins avant d’aller en salle. Quand on ne cuisine pas à la maison, une fois à l’école, je passe à la cantine. C’est quand je ne le fais pas que ça m’arrive souvent de faire de crise ». Toutefois, la jeune apprenante en classe de 1ère, a exprimé son incompréhension par rapport à la recrudescence du phénomène. « Rien de pareille ne se passait avant. Mais cette année, c’est un phénomène qui s’est enraciné dans le collège. C’est Dieu seul qui sait de quoi il s’agit», a-t-elle déploré, affirmant que le phénomène coïncide avec l’arrivée du nouveau Directeur. Mais pour ce médecin major, il ne faut pas tirer des conclusions hâtives. Bien que superstitieux, le professionnel de santé en service à Bopa insiste sur la nécessité de faire des analyses beaucoup plus poussées pour identifier si le phénomène est d’ordre naturel ou pas. Ce que les parents refusent souvent faute de moyen. En attendant que cela soit une réalité, la présidente du Bureau des parents d’élèves annonce la tenue prochaine d’une séance avec les membres du bureau afin de creuser le sujet beaucoup plus en profondeur et de trouver d’autres mesures palliatives. Après les pasteurs, Madame Honorine Anato n’exclut pas l’idée que les imams et les dignitaires du culte endogène viennent, à leur tour, poser le diagnostic, exorciser l’établissement afin d’y conjurer définitivement le mauvais sort qui frappe le CEG Bopa. Pour elle, aucune piste ne sera négligée dans ce combat.Département du Mono : des pasteurs sollicités pour ‘’chasser’’ les crises répétées chez des apprenantes au Ceg Bopa
Depuis le début de la rentrée scolaire au Bénin, le collège d’enseignement général de Bopa, dans le département du Mono, est confronté à une situation..
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