Affaire coup d’État déjoué au Bénin : la journaliste Angela Kpeidja encourt deux ans de prison

Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a requis, ce lundi 11 mai 2026, une peine de..

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Angela Kpeidja, journaliste béninoise

Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a requis, ce lundi 11 mai 2026, une peine de deux ans de prison dont un an ferme ainsi qu’une amende d’un million de francs CFA contre la journaliste Angela Kpeidja. La prévenue est poursuivie pour harcèlement par le biais d’un système électronique après des publications faites sur Facebook lors du coup d’État déjoué du 7 décembre 2025 au Bénin.


Une nouvelle audience s’est ouverte ce lundi devant la chambre de jugement de la CRIET dans le dossier impliquant la journaliste Angela Kpeidja. Poursuivie sans mandat de dépôt, la journaliste était absente à l’audience, mais représentée par ses avocats béninois et gabonais.

Invité à présenter ses réquisitions, le ministère public est revenu sur les faits reprochés à la prévenue. Selon le parquet spécial, Angela Kpeidja aurait publié deux messages sur Facebook au moment des événements liés au coup d’État déjoué du dimanche 7 décembre 2025.

D’après le représentant du Procureur spécial près la CRIET, la journaliste aurait notamment écrit dans une première publication : « Où est celui qui vend habituellement les mèches de coup d’État ? ». Dans un second message, elle aurait interrogé : « Où est le chef d’État-major ? ».

Pour le ministère public, ces publications revêtent un caractère « agressif » et « intentionnel » visant à humilier les autorités en charge de la sécurité au Bénin dans un contexte particulièrement sensible. Le Parquet estime également qu’en tant que journaliste, Angela Kpeidja avait l’obligation de vérifier l’exactitude des informations avant toute publication sur les réseaux sociaux.

Le représentant du ministère public a aussi souligné que la journaliste avait persisté dans ses publications après un premier message, ce qui constituerait, selon lui, un élément aggravant. Se fondant sur l’article 550 du Code du numérique relatif au harcèlement par le biais d’un système électronique, le parquet a demandé à la Cour de retenir la prévenue dans les liens de prévention et de la condamner à deux ans de prison dont un an ferme, assortis d’une amende d’un million de francs CFA.

Face à ces réquisitions, les avocats de la défense ont plaidé la relaxe pure et simple de leur cliente. Les Conseils de la journaliste, ont notamment relevé l’absence de constitution de partie civile dans ce dossier.

En réponse, le ministère public a rappelé que l’existence d’une infraction n’est pas conditionnée par la présence d’une partie civile. « La commission de l’infraction n’est pas subordonnée à la constitution ou à l’existence d’une partie civile », a insisté le parquet devant la Cour, selon les propos rapportés par Libre Express.

Lors d’une précédente audience, Angela Kpeidja avait expliqué avoir effectué ces publications alors qu’elle se trouvait en voyage au moment des événements du 7 décembre 2025. Selon ses déclarations, ses messages visaient uniquement à obtenir des informations sur la situation réelle au Bénin. La journaliste a rejeté l’ensemble des accusations portées contre elle.

Après les débats, la Cour a renvoyé le dossier au 6 juillet 2026 pour le délibéré.

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