RDC: au moins 131 personnes tuées par l’épidémie d’Ebola

La République Démocratique du Congo (RDC) est de nouveau en proie à une crise sanitaire sans précédent, due à l’apparition d’une épidémie d’Ebola. Selon les..

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Epidemie Ebola RDC

La République Démocratique du Congo (RDC) est de nouveau en proie à une crise sanitaire sans précédent, due à l’apparition d’une épidémie d’Ebola. Selon les derniers chiffres publiés par le ministre congolais de la Santé, Samuel-Roger Kamba, on dénombre au moins 131 décès et 513 cas suspects.

La résurgence de l’épidémie d’Ebola fait des victimes dans l’est de la RDC. Les autorités font état de  513 cas et 131 décès dus au virus. La plupart des personnes touchées sont âgées de 20 à 39 ans et plus de 60 % sont des femmes.

A ce jour, peu d’échantillons ont été analysés en laboratoire et les rapports s’appuient principalement sur des cas suspects. L’épicentre de l’épidémie se situe dans la province d’Ituri, au nord-est du pays, à la frontière avec l’Ouganda et le Soudan du Sud.

Cette région riche en or connaît une intense mobilité quotidienne de la population liée aux activités minières. La violence perpétrée par plusieurs groupes armés sévit également dans certaines parties de la province, ce qui rend l’accès difficile pour des raisons de sécurité.

Un cas a été signalé à Goma, une grande ville de l’est de la RDC sous le contrôle du groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda. De même, un cas confirmé et un décès ont été enregistrés en Ouganda, selon le gouvernement ougandais. Ces cas concernent deux Congolais qui avaient voyagé depuis la RDC. Des tests de laboratoire ont confirmé un lien avec le virus Ebola dans les trois cas.

La souche Bundibugyo…

Selon les informations, l’épidémie actuelle est causée par la souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. Les mesures visant à freiner sa propagation reposent essentiellement sur le respect des mesures de protection et la détection rapide des cas afin de limiter les contacts. Les vaccins existants contre Ebola ne sont efficaces que contre la souche Zaïre du virus, responsable des plus grandes épidémies jamais enregistrées.

Dimanche 17 mai 2026, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que cette épidémie constituait une « urgence de santé publique de portée internationale». En effet, il s’agit du deuxième niveau d’alerte le plus élevé prévu par le Règlement sanitaire international. De son côté, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) a mis en garde contre un risque élevé de propagation vers les pays d’Afrique de l’Est limitrophes de la RDC.

Peu après, le Rwanda a annoncé la fermeture partielle de ses frontières avec la RDC. Elles resteraient a priori ouvertes pour le personnel de santé, dit l’OMS, qui assure que même sans vaccin ou traitement, il est possible de casser la chaîne de transmission du virus en utilisant en tirant leçon  des dernières épidémies d’Ebola.

Pour rappel, le virus d’Ebola se manifeste par une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse. Il est redoutable malgré de récents vaccins et traitements efficaces contre une souche. La RDC avait connu sa dernière épidémie d’Ebola entre août et décembre 2025, avec à la clé 34 morts, au moins.

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