Au Bénin, pendant que la campagne pour l’élection présidentielle battait son plein, l’absence du président Patrice Talon était très perceptible sur le terrain. Membre du dispositif de campagne du duo Romuald Wadagni-Mariam Chabi Talata, le chef de l’État a adopté une posture discrète, contraire à l’activisme d’autres figures politiques de la mouvance.
L’équipe de campagne du duo de la mouvance, Wadagni-Talata, était dirigée par un comité stratégique de premier plan. Celui-ci avait réuni le chef de l’Etat Patrice Talon, Joseph Djogbénou, actuel président de l’Assemblée nationale et leader de l’Union Progressiste Le Renouveau, ainsi que le ministre d’État, chargé du développement et de la coordination de l’action gouvernementale, président du Bloc Républicain, Abdoulaye Bio Tchané. Sur le terrain, Joseph Djogbenou et Abdoulaye Bio Tchané multipliaient les sorties et mobilisaient les électeurs en faveur du duo, candidat de la mouvance. Pendant ce temps, le président Patrice Talon n’était guère apparu durant deux semaines de campagne. Une attitude qui contrastait avec celle adoptée en 2021, par le locataire de la Marina. Lors de la campagne pour sa réélection pour le second mandat, le président Patrice Talon avait parcouru les 77 communes aux fins de défendre son bilan et convaincre les électeurs à lui renouveler son bail. Or, pendant la campagne électorale, même pas une ombre de Patrice Talon n’était apparue sur le terrain. Du point de vue institutionnel d’une part, on suppose que le président en exercice, avait voulu éviter toute confusion entre ses fonctions régaliennes et un engagement partisan trop poussé. Peut-être que son implication très directe, pensait-il, alimenterait des critiques sur l’usage des moyens de l’État à des fins électorales. D’autre part, cette discrétion paraissait un choix délibéré, motivé par l’envie de laisser le candidat Romuald Wadagni s’affranchir plutôt que d’apporter de l’eau au moulin de ceux qui croient à tort, qu’il (Wadagni) sera une marionnette. De cette posture, Patrice Talon préfèrait s’éclipser afin de donner carte blanche à son successeur. Loin des projecteurs, mais au cœur des décisions majeures de la campagne, le Chef de l’Etat béninois jouait un rôle effacé de coordinateur et distribuait les cartes à cœur joie, surtout compte tenu du calibre de l’adversaire en face, dans l’ombre. Mais le 6 avril 2026, Patrice Talon s’était rendu à Ouidah pour participer au “Ouidah Blue Festival”, un événement culturel organisé durant le week-end pascal, sans déclaration explicite en faveur du duo Wadagni-Talata. Ceci induit sans être dans le secret des dieux que le jeu était d’ores et déjà fait. Car, son candidat a la caution des grands électeurs à savoir : l’ancien président Nicéphore Soglo, les ex-présidents de l’Assemblée nationale comme Bruno Ange Marie Amoussou, Me Adrien Houngbédji, Mathurin Coffi Nago, Ousmane Batoko ancien président de la Cour suprême et bien d’autres Eric Houndété de « Les Démocrates », Chabi Yayi, fils de l’ancien président Boni Yayi et des organisations syndicales. Entre obligation de réserve, jeu politique et gestion de son image, l’attitude de Patrice Talon dans cette campagne électorale avait suscité moult interrogations. Il a balisé le terrain pour son candidat qui, sans nul doute, était en roue libre et route pour la Marina. Quand on a tué le suspens, point n’était besoin d’apparaitre au risque de détruire la pièce maîtresse ayant servi à construire le puzzle. Et Talon l’avait si bien compris.Présidentielle 2026 au Bénin : Pourquoi Talon s’est fait discret pendant la campagne ?
Au Bénin, pendant que la campagne pour l’élection présidentielle battait son plein, l’absence du président Patrice Talon était très perceptible sur le terrain. Membre du..
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