Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi la mort d’Abu-Bilal al-Minuki, présenté comme l’un des principaux responsables de l’organisation État islamique (EI), à l’issue d’une opération menée conjointement par les forces américaines et nigérianes dans la région du lac Tchad.
Selon Donald Trump, l’opération ciblait Abu-Bilal al-Minuki, décrit par Washington comme le numéro deux de l’organisation État islamique au niveau mondial. Dans une déclaration publiée sur son réseau Truth Social, le président américain a salué une mission « méticuleusement planifiée et très complexe » menée par les forces américaines en collaboration avec l’armée nigériane.
« Il ne terrorisera plus la population africaine ni ne contribuera à planifier des opérations visant des Américains », a affirmé Donald Trump, estimant que cette élimination porte un coup important aux capacités opérationnelles du groupe jihadiste.
De son côté, le président nigérian s’est félicité d’une coopération sécuritaire jugée efficace entre les deux pays. Les autorités nigérianes évoquent une frappe menée dans le bassin du lac Tchad, une zone connue pour l’activité de groupes armés affiliés à l’État islamique et à Boko Haram.
Abu-Bilal al-Minuki, également connu sous le nom d’Abu Bakr al-Mainuki, avait été placé sous sanctions américaines en 2023 en raison de ses liens avec l’EI. Né en 1982 dans l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria, il était considéré comme un haut responsable de la branche de l’organisation dans la région du lac Tchad.
Un rapport du Conseil de sécurité des Nations unies publié en février dernier avançait même l’hypothèse qu’il avait pris la tête de la direction générale des provinces de l’État islamique après la mort d’Abu Khadidja en Irak, en mars 2025.
Depuis plusieurs mois, Washington a renforcé son soutien militaire à Abuja à travers un partage de renseignements, des ventes d’armes accélérées et le déploiement de soldats américains chargés de former les forces nigérianes. En décembre dernier, l’armée américaine avait participé à des frappes dans l’État de Sokoto contre des positions jihadistes présumées.
Donald Trump justifie notamment cette implication par la situation sécuritaire au Nigeria, où il affirme que les chrétiens seraient victimes de persécutions et même d’un « génocide » perpétré par des groupes terroristes. Une lecture largement contestée par les autorités nigérianes et de nombreux experts, qui soulignent que les violences frappent aussi bien les populations chrétiennes que musulmanes.
L’Afrique est devenue ces dernières années l’un des principaux foyers d’activité de l’État islamique. Après le démantèlement de son « califat » en Irak et en Syrie en 2017, l’organisation jihadiste a renforcé sa présence dans plusieurs régions du continent, notamment au Sahel.
Des groupes affiliés à l’EI restent particulièrement actifs au Niger, au Burkina Faso et au Mali, où ils poursuivent des insurrections meurtrières contre les autorités locales.
Selon plusieurs sources sécuritaires, le chef présumé actuel de l’organisation, Abdul Qadir Mumin, originaire de Somalie, se trouverait dans les montagnes du Puntland, une région qui servirait désormais de centre de financement des opérations de l’État islamique en Afrique.















