A la faveur d’une sortie médiatique, l’ancien secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (CGTB), Pascal Todjinou, a fustigé l’attitude de ses pairs syndicalistes. Car, ces derniers ont ouvertement appelé à voter pour le candidat Romuald Wadagni, devenu président de la République lors de l’élection du dimanche 12 avril 2026.
Ce n’est plus un secret de polichinelle. Au Bénin, cinq (05) centrales et confédérations syndicales à savoir : CSA-Bénin, COSI-Bénin, CGTB, UNSTB et CSPIB, respectivement dirigées par Anselme Amoussou ; Codjo Hinlin ; Moudachirou Bachabi ; Apollinaire Afféwé et Clarisse Reine Fandy Gnahoui, ont soutenu la candidature du duo Romuald Wadagni-Mariam Chabi Talata lors de l’élection présidentielle d’avril 2026.
Alors, si au sein de l’opinion nationale, ce soutien avait suscité des commentaires, il faut remarquer qu’il eût fallu attendre deux mois après l’élection pour qu’un ancien syndicaliste se prononce ouvertement sur le sujet.
Pascal Todjinou puisque c’est de lui qu’il s’agit, a profité d’une interview accordé au journaliste Samuel Houndjo pour revenir sur ce débat. A l’en croire, une centrale syndicale ne doit pas appeler à voter pour un candidat.
« Moi, en tant que syndicaliste, je ne peux jamais appeler mes militants à voter pour un président de la République », a-t-il tranché l’ancien Secrétaire général de la CGTB. Pour lui en vérité, un syndicaliste peut avoir sa position fixe par rapport à un candidat, une formation politique et l’exprimer mais elle n’a pas le droit d’appeler les travailleurs de diverses sensibilités politiques, qu’il dirige à soutenir ouvertement la candidature d’un présidentiable.
En clair, pour lui, le mot d’ordre donné par ces centrales syndicales à travers leurs dirigeants était mal à propos. « À titre individuel, un syndicaliste peut avoir une préférence politique et l’exprimer. Mais une organisation syndicale, qui regroupe des travailleurs de sensibilités diverses, doit éviter de s’aligner sur une formation politique, un camp ou un candidat. », a déclaré Pascal Todjinou.
La réaction du challenger de Romuald Wadagni
Au cours de la campagne, il faut dire que le mot d’ordre des syndicalistes a été ouvertement critiqué par Paul Hounkpè, challenger de Romuald Wadagni, candidat d’alors, devenu président de la République.
Pour l’ancien ministre de la culture Paul Hounkpè, il est inimaginable que des centrales syndicales appellent ouvertement leurs pairs à voter pour un candidat en lice pour la présidentielle.
Paul Hounkpè a également affirmé avoir contacté le secrétaire général d’une centrale syndicale pour lui signifier la gravité de l’acte. « J’ai appelé un SG et je lui ai dit : vous avez appelé à voter pour mon adversaire. Si je suis élu, je vous prendrai comme mes opposants. Parce que vous avez pris une position politique tranchée et je vous traiterai comme tel », a-t-il avoué.
En dehors de l’ancien maire qui avait dénoncé ce choix, au sein de l’opinion nationale et sur les réseaux sociaux, l’attitude des cinq centrales syndicales avait été par ailleurs critiquée.
Avouons-le, Pascal Todjinou qui dénonce ses pairs, a lui-même soutenu, et de façon ouverte, le candidat Romuald Wadagni et dit l’avoir fait sans contrepartie.
Au terme de l’élection présidentielle en effet, le candidat Romuald Wadagni de la mouvance a été élu président de la République. Mais contre toute attente, le parti Force Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), de son challenger Paul Hounkpè d’alors, a fait une déclaration publique pour rejoindre la majorité présidentielle. Premier responsable de cette formation politique, Paul Hounkpè avait quant à lui, déposé sa démission et a quitté la tête du parti avant la déclaration publique.















