Longtemps distants l’un de l’autre, l’ancien président de la République Boni Yayi et son ex-ministre de la Culture, Paul Hounkpè, ont pu s’échanger quelques mots ce dimanche à la cérémonie d’investiture du président Romuald Wadagni. En somme, des retrouvailles entre l’ex-président et son ancien ministre qui, autrefois, se regardaient en chiens de faïence.
L’ancien président Boni Yayi et Paul Hounkpè, ex-patron du parti Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), se sont retrouvés ce dimanche au Palais des congrès lors de l’investiture de Romuald Wadagni. A travers son sourire en coin dont il a seul le secret, l’ancien ministre de la Culture, Paul Hounkpè, a déclaré à la vue de l’ex-président Boni Yayi : « vous êtes mon papa ». Une phrase prononcée, suivie d’échanges de mains.
En effet, pour avoir travaillé aux côtés de Boni Yayi, Paul Hounkpè a gardé de bons rapports avec son ex-mentor. Seulement, l’eau a coulé sous le pont quand, en 2019, l’ancien maire de la commune de Bopa a pris les rênes du parti Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), dans des conditions floues, obligeant Boni Yayi, président d’honneur, à claquer la porte.
« J’ai le regret de vous annoncer que je me retire de la FCBE », avait confirmé Boni Yayi le 5 avril, dans une longue publication sur son compte Facebook.
Le vrai motif de son retrait : l’ancien président béninois accusait une « faction » du parti de vouloir participer aux élections municipales du 17 mai 2020 alors que la position du parti était de les boycotter. « Depuis les élections législatives non inclusives du 28 avril 2019, le Bénin a opté pour des élections non équitables, injustes et non transparentes avec un déficit d’équité tant au niveau de la nation qu’au niveau des partis politiques », avait-il écrit, critiquant une nouvelle fois la charte des partis politiques.
Boni Yayi et Paul Hounkpè, deux visions opposées
Pendant que le président d’honneur de la FCBE, à l’époque, affichait sa position de boycott des élections, le groupe fidèle à son ex-ministre Paul Hounkpè faisait des pieds et des mains pour que le parti y participe.
A son corps défendant, Boni Yayi déclara : « Le virus de l’exclusion a emporté les FCBE », accuse Boni Yayi, qui montrait du doigt un « groupe illégitime » et questionnait « la gestion des positionnements sur la liste des candidats et le rejet du rapport de certains coordonnateurs communaux ». Plus loin, l’ancien président insistait : « J’interdis formellement l’utilisation de mon image, de mon nom et de ma caution sous quelques formes que ce soit par tout candidat de la liste FCBE ».
Depuis son départ et avec l’avènement du parti « Les Démocrates », dont Boni Yayi a été fait président d’honneur, plus tard, président, lui et son ancien ministre Paul Hounkpè s’évitaient presque. Une posture qui a contribué au durcissement des positions des deux responsables qui se lorgnaient. Sans trahir un secret, les deux personnalités ne se parlaient pratiquement plus. Ceci a été confirmé par le refus du parti LD de saisir la main tendue de Paul Hounkpè, candidat à la présidentielle d’avril dernier, pendant que le duo « des Démocrates » avait été déclaré non partant.
Ce dimanche, les deux se sont reparlé. Une décrispation en vue. Et l’honneur revient à l’ancien président Patrice Talon qui affirmait qu’il va « obliger les Béninois à travailler ensemble ». Autour de Romuald Wadagni ce dimanche, on a vu toute la classe politique, sans exception presque reunie. C’est un signal fort. Boni Yayi et Paul Hounkpè seraient peut-être contraints de travailler ensemble au sein du futur Sénat. Qui sait !















