Dans le cadre de la Mission multinationale d’appui à la sécurité en Haïti (MMAS), le Bénin prévoit d’envoyer un contingent de plus de 2000 militaires. Mais alors que cette initiative tarde à se concrétiser, des questions se posent quant aux raisons qui retardent le processus de déploiement. Lors d’une récente interview accordée au Miami Herald, selon Afrique sur 7, le ministre béninois des Affaires étrangères, Shegun Adjadi Bakary, a abordé le sujet.
Interrogé à ce propos, Shegun Adjadi Bakary a révélé le principal obstacle à cette situation. Selon lui, avant d’envoyer son contingent, le Bénin veut s’assurer que certaines conditions essentielles sont remplies. L’une de ces conditions, qui reste à résoudre, est le fait que le contingent béninois, essentiellement composé de militaires, soit placé sous un commandement policier. « Cela ne s’est jamais produit nulle part dans le monde. Vous avez besoin de militaires pour commander des militaires », a déclaré Shegun Adjadi Bakary lors de son entretien avec le Miami Herald. Il s’agit ici du principal obstacle au déploiement des soldats béninois, a-t-il indiqué, avant d’ajouter que tant que cette condition ne sera pas satisfaite, le Bénin ne sera pas prêt à envoyer ses militaires. Lire aussi: [AES : un an après sa création, les dirigeants lancent un projet commun pour renforcer l’intégration)>https://www.linvestigateur.info/?AES-un-an-apres-sa-creation-les-dirigeants-lancent-un-projet-commun-pour&var_mode=calcul] Toutefois, a-t-il précisé, la partie béninoise reste ouverte à d’éventuelles négociations. Le chef de la diplomatie béninoise prévoit d’aborder cette préoccupation lors de sa prochaine réunion avec le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, afin de trouver un terrain d’entente. Par ailleurs, Shegun Adjadi Bakary a soulevé un autre problème crucial : le financement. En effet, le ministre a souligné que le Canada, les États-Unis et la France doivent s’engager sérieusement sur le plan financier pour faciliter la mise en œuvre efficace de l’opération. La Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) est dirigée par le Kenya, qui a accepté d’y déployer ses officiers de police. Autorisée en octobre 2023 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, la mission peine encore à prendre véritablement forme.















