Duel institutionnel entre le Sénat et l’Assemblée nationale ? Voici la position du président Joseph Djogbénou

Issu de la révision constitutionnelle de novembre 2025, le Sénat béninois, qui entrera en activité dans les jours à venir, servira d’arbitre entre le pouvoir..

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Issu de la révision constitutionnelle de novembre 2025, le Sénat béninois, qui entrera en activité dans les jours à venir, servira d’arbitre entre le pouvoir exécutif et l’Assemblée nationale, en cas de divergence. A cet effet, les spéculations vont bon train au sujet de son futur rapport avec le Parlement, au regard de la mission que lui confère la loi fondamentale.

A l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale ce mercredi, consacrant son investiture officielle, le président Joseph Djogbénou a tenu à lever toute ambiguïté sur la question. Selon lui, « L’attelage constitutionnel entre le Sénat et l’Assemblée nationale, n’institue pas les deux organes dans un duel institutionnel. Les deux organes constituent plutôt un duo dans une complémentarité utile et fertile. Elles n’exerceront pas leur mission en concurrence mais plutôt de concert», a-t-il indiqué. Le président Djogbénou s’est résolu à travailler main dans la main avec le Sénat pour garantir aux concitoyens, des solutions nouvelles et celles renouvelées qui protègent la vie, la société et l’Etat. En effet, présenté comme un outil d’équilibre, de régulation et de consolidation de la démocratie béninoise, le Sénat disposera entre autre du pouvoir de solliciter, dans les mêmes conditions que le président de la République, une seconde lecture de toute loi votée à l’Assemblée nationale excepté quelques-unes comme la loi des finances. Selon le texte rendu public, il peut jouer un rôle de Conseil des sages, capables d’interpeller, conseiller et, au besoin, recadrer les responsables politiques dont l’influence peut entrainer des troubles à l’ordre public. Chambre haute du Parlement, le Sénat est composé de 25 à 30 membres, nommés et de droit, dont des anciens présidents de la République. Sa création avait suscité des réactions mitigées au sein de l’opinion publique nationale. Dans une déclaration publique, l’ancien président Boni Yayi et figure de proue de l’opposition, avait alerté contre la menace que cette réforme représentait pour les acquis démocratiques, affirmant qu’il ne compte pas siéger au sein d’une institution jugée «inopportune» et trop «onéreuse» pour la République.

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