Dieudonné Tévoédjrè, l’officier qui refuse le pouvoir et autres avantages pour la loyauté envers sa nation!

Au Bénin, entre l’échec de deux tentatives de déstabilisation du régime démocratique, le désormais général de brigade, Dieudonné Djimon Tévoédjrè a joué un rôle majeur…

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Au Bénin, entre l’échec de deux tentatives de déstabilisation du régime démocratique, le désormais général de brigade, Dieudonné Djimon Tévoédjrè a joué un rôle majeur. Témoin clé devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), dans un dossier de complot politique en septembre 2024, puis chef opérationnel lors d’une attaque armée contre la résidence du Chef de l’Etat Patrice Talon le 7 décembre 2025, le patron de la Garde républicaine a fait preuve de sa loyauté envers la Nation.

Mais cette loyauté, a désormais une récompense. Car, en conseil extraordinaire des ministres du vendredi 26 décembre, le commandant de la garde républicaine a été promu au grade de général de brigade. Dans l’histoire du Bénin, le cas du Général de brigade, Dieudonné Tévoédjrè fera date. Plus qu’une curiosité, il devient une école pour la postérité. C’est-à-dire un soldat loyal qui, ciblé et marchandé à coups de sonnant et trébuchant (NDRL selon le procureur de la criet lors du procès Boko-Homéky) ; au départ pour déstabiliser le régime puis bouclier du Président en l’espace d’un an et quelques mois, a disjoncté les plans des citoyens véreux. Il coule de source qu’il devient, (cet officier des Forces armées béninoises), à la fois cible d’un projet de putsch, acteur de son échec et garant du « modèle républicain » des FAB. Dans le dossier jugé par la CRIET, il a été écouté en qualité de sachant. Et, apparaît comme le maillon militaire indispensable que les instigateurs du coup d’État espéraient rallier à leur cause afin de faire aboutir leur plan. Les déclarations du colonel Tévoédjrè devant la CRIET ont révélé la nature profondément hybride du complot : un projet mêlant acteurs politiques civils, ressources financières, et recherche d’un habillage militaire crédible. En exposant les rôles projetés par l’ancien ministre Oswald Homéky et ses complices (NDLR selon le PS de la Criet), le commandant de la Garde républicaine a mis en lumière, une tentative de reconfiguration complète de l’État, où l’armée aurait servi de passerelle temporaire vers une transition civile contrôlée. Son refus d’entrer dans cette logique a privé le complot de sa clé de voûte. Par ailleurs, la seconde tentative de déstabilisation, survenue le dimanche 07 décembre 2025, révèle une confrontation directe des mutins avec les institutions. Quand l’officier change de rôle mais reste égal à lui-même Dans ce contexte, Tévoédjrè change de registre sans changer de ligne. De témoin judiciaire, il devient chef de guerre en terrain urbain, organisant la riposte face à une attaque coordonnée visant explicitement le sommet de l’État. Sa lecture rapide de la situation, sa capacité de mobilisation et son maintien du dispositif jusqu’à la neutralisation de la menace confirment son statut de pilier sécuritaire. En réalité, il pouvait jeter le manche après la cognée dès lors que ses collègues officiers ont été emmenés par des mutins vers une destination inconnue. Mais il a tenu bon et fait échec au plan du lieutenant-colonel Pascal Tigri et sa bande. S’agissant du premier putsch dans lequel des noms des barons du système ont été cités, il pouvait lâcher la proie pour l’ombre. Mais là déjà, il a prouvé sa loyauté envers la République. La promotion en Conseil extraordinaire des ministres de l’officier supérieur des FAB, Dieudonné Djimon Tévoédjrè au grade de général de brigade, avec effet au 1er janvier 2026, revêt du symbolisme. Dans un espace ouest-africain marqué par l’irruption répétée des militaires sur la scène politique, le régime du président Patrice Talon consacre un officier qui a refusé le pouvoir quand il lui était proposé, et qui a ensuite défendu le pouvoir civil en tant que bouclier. Un choix qui révèle que cet officier reste fidèle.

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