Cybercriminalité en Afrique : 574 suspects interpellés dans 19 pays, le Bénin fortement touché

Une vaste opération coordonnée par Interpol a permis, en l’espace d’un mois, de démanteler plusieurs réseaux de cybercriminalité qui opèrent en Afrique. Menée dans 19 pays, elle a conduit à l’arrestation de 574 présumés cybercriminels, dont 106 au Bénin. La lutte contre la cybercriminalité se poursuit en Afrique en général et au Bénin en particulier.…

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Une vaste opération coordonnée par Interpol a permis, en l’espace d’un mois, de démanteler plusieurs réseaux de cybercriminalité qui opèrent en Afrique. Menée dans 19 pays, elle a conduit à l’arrestation de 574 présumés cybercriminels, dont 106 au Bénin.

La lutte contre la cybercriminalité se poursuit en Afrique en général et au Bénin en particulier. Interpol (Organisation internationale de police criminelle) a annoncé, vendredi 19 décembre 2025, les résultats de l’opération Sentinel, menée du 27 octobre au 27 novembre dans 19 pays du continent, dont le Bénin. Au total, 574 présumés cybercriminels ont été interpellés, illustrant l’ampleur d’un phénomène en constante progression. Les enquêtes conduites dans le cadre de cette opération ont porté sur des affaires, qui ont occasionné des pertes financières évaluées à plus de 21 millions de dollars américains, soit environ 11,7 milliards de francs CFA. Grâce à l’action coordonnée des forces de sécurité, près de 3 millions de dollars (plus de 1,6 milliard de FCFA) ont toutefois pu être récupérés. Au-delà des arrestations, Interpol fait état du démantèlement de plus de 6 000 liens malveillants et du déchiffrement de six variantes de rançongiciels, qui réduisent ainsi la capacité de nuisance de plusieurs réseaux criminels actifs en ligne. Trois menaces majeures ciblées L’opération Sentinel s’est concentrée sur trois formes de cybercriminalité considérées comme des menaces majeures en Afrique : la compromission de messagerie professionnelle (Business Email Compromise – BEC), l’extorsion numérique et les attaques par rançongiciel. Ces infractions figurent parmi les risques en forte augmentation selon le rapport d’évaluation des cybermenaces en Afrique 2025 d’Interpol. Les pays concernés par l’opération sont le Bénin, le Botswana, le Burkina Faso, le Cameroun, le Tchad, le Congo, Djibouti, la République démocratique du Congo, le Gabon, le Ghana, le Kenya, le Malawi, le Nigeria, le Sénégal, l’Afrique du Sud, le Soudan du Sud, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe. Le Bénin parmi les pays les plus touchés Au Bénin, les forces de l’ordre ont procédé au démantèlement de 43 domaines malveillants et à la fermeture de 4 318 comptes de médias sociaux liés à des systèmes d’extorsion et à des escroqueries en ligne. Ces actions ont conduit à l’arrestation de 106 personnes, plaçant le pays parmi ceux les plus affectés par ces activités criminelles. Dans plusieurs États, la coopération entre autorités nationales et partenaires internationaux a permis de bloquer des flux financiers frauduleux avant qu’ils ne causent des dommages irréversibles. Au Sénégal, par exemple, une tentative sophistiquée de fraude aux faux ordres de virement, qui vise une compagnie pétrolière, pour un montant de 7,9 millions de dollars, a été déjouée grâce au gel immédiat des comptes suspects. Au Ghana, une institution financière a été la cible d’une attaque par rançongiciel, qui a chiffré près de 100 téraoctets de données. L’intervention technique des autorités a permis d’identifier la souche du logiciel malveillant et de développer un outil de déchiffrement, grâce auquel environ 30 téraoctets de données ont été récupérés. Plusieurs suspects ont été interpellés dans cette affaire. Toujours au Ghana, un réseau de cyberfraude opérant entre le Ghana et le Nigeria a été démantelé. Les escrocs utilisaient de faux sites et applications, qui imitent de grandes chaînes de restauration rapide pour encaisser des paiements sans livrer de commandes. Le préjudice est estimé à plus de 400 000 dollars américains, avec plus de 200 victimes recensées. Au Cameroun, les forces de l’ordre ont, quant à elles, neutralisé une escroquerie liée à une plateforme de vente de véhicules en ligne, qui retrace une campagne d’hameçonnage jusqu’à un serveur compromis et a déclenché un gel bancaire d’urgence en quelques heures. Pour Neal Jetton, directeur de la cybercriminalité à Interpol, les résultats de l’opération Sentinel témoignent d’une prise de conscience accrue face à des attaques de plus en plus complexes. Il alerte sur l’accélération et la sophistication des cyberattaques en Afrique, qui visent des secteurs tels que la finance et l’énergie.

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