Bénin : voici pourquoi le poste de ministre-conseiller n’a pas été supprimé

Au Bénin, le maintien des postes de Ministre-conseiller continue d’alimenter les débats dans l’opinion publique. Pour une partie de la population, ces postes devraient être supprimés afin que les ressources qui y sont allouées soient réorientées vers des secteurs bénéfiques à la jeunesse. Créés sous le régime de l’ancien président Patrice Talon, ces postes sont…

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le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji

Au Bénin, le maintien des postes de Ministre-conseiller continue d’alimenter les débats dans l’opinion publique. Pour une partie de la population, ces postes devraient être supprimés afin que les ressources qui y sont allouées soient réorientées vers des secteurs bénéfiques à la jeunesse.

Créés sous le régime de l’ancien président Patrice Talon, ces postes sont pourtant présentés comme un appui à l’action gouvernementale sur le terrain. A leur création, certains observateurs y avaient vu un instrument de récompense politique pour les fidèles du régime, questionnant ainsi leur utilité réelle dans le fonctionnement de l’Etat.

Jeudi, lors d’un live questions-réponses, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a apporté des clarifications et défendu la pertinence du dispositif.

Le porte-parole a d’abord expliqué le choix stratégique opéré depuis le président Talon et poursuivi par le président Wadagni. Selon lui, le Bénin est un pays en phase de construction, où les besoins de base comme l’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux centres de santé ou aux écoles restent des chantiers majeurs.

Dans ce contexte, le gouvernement a fait le choix de confier les portefeuilles ministériels à des techniciens reconnus dans leur domaine. L’objectif est de garantir l’efficacité de l’action publique. Pour lui, il ne s’agit pas de nommer un profil par convenance politique à la tête de ministères stratégiques comme celui du cadre de vie, de la santé ou des finances.

C’est justement pour permettre à ces ministres techniciens de se consacrer pleinement à leur mission de construction de l’Etat que les ministres conseillers ont été institués. Il a reconnu que gouverner a aussi une dimension politique, mais il estime que les ministres de portefeuille doivent être déchargés du travail de terrain.

« Ils sont utiles »

Le rôle des ministres conseillers est donc d’aller régulièrement sur le terrain, à la place des ministres, pour expliquer l’action du gouvernement, recueillir les préoccupations des populations et les faire remonter afin d’ajuster les politiques publiques pour plus d’efficacité.

Pour Wilfried Houngbédji, leur reconduction par le président Romuald Wadagni prouve leur utilité. «Ils sont 12. Ils ne sont pas 77. On n’en n’a pas pris 1 par commune. Ils sont douze. Et, croyez-le, c’est parce que jusque-là, ils sont utiles pour le pays. Sinon, le président de la république n’aurait pas fait le choix de les reconduire», a-t-il avoué.

Pour finir, Wilfried Houngbadji a balayé l’argument selon lequel la suppression des postes de Ministre-Conseiller permettrait de financer des projets pour les jeunes. Le porte-parole assure que ce n’est pas le coût lié à douze ministres conseillers qui empêche l’Etat de soutenir la jeunesse.

Il a invité les jeunes porteurs de projets à se rapprocher des structures existantes comme l’ADPME, l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises, ou encore le FNDA pour le secteur agricole, où des dispositifs d’accompagnement sont disponibles.

« Le piège dans lequel nous ne devons pas tomber, c’est de croire que le Bénin a déjà réglé tous ses problèmes. Nous sommes en phase de construction et nous avons besoin que les techniciens à la tête des ministères soient entièrement disponibles pour construire l’État », a-t-il conclu.

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