Bénin : Le combat de l’ancien président Boni Yayi pour la décrispation du climat politique

Au Bénin, l’ancien président Boni Yayi est dans un combat sans relâche pour le retour des exilés et la libération des personnalités politiques. Et pour cause ! Membre de droit du Sénat, nouvelle chambre haute du parlement, créée lors de la réforme constitutionnelle de novembre 2025, l’ancien président Boni Yayi n’est pas obsédé par une quelconque…

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Thomas Boni Yayi

Au Bénin, l’ancien président Boni Yayi est dans un combat sans relâche pour le retour des exilés et la libération des personnalités politiques. Et pour cause !

Membre de droit du Sénat, nouvelle chambre haute du parlement, créée lors de la réforme constitutionnelle de novembre 2025, l’ancien président Boni Yayi n’est pas obsédé par une quelconque participation au sein de l’institution. Son poste, parmi les 25 membres attendus, pourrait, en effet, rester vacant le 30 juillet prochain, date retenue pour l’installation officielle des membres de l’institution.

Au lendemain de la publication de la liste des premiers Sénateurs, suivie de la convocation des 25 membres au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo par le doyen d’âge, l’ancien président Nicéphore Dieudonné Soglo, son collègue et prédécesseur de Patrice Talon, Boni Yayi a subordonné sa participation à une seule condition.

À ce jour, la présence de Boni Yayi à cette séance solennelle demeure une équation à double inconnue. En cause, le prédécesseur de Patrice Talon aurait posé des conditions strictes au Chef de l’État, Romuald Wadagni, pour siéger au sein de ce Conseil de sages.

Thomas Boni Yayi sollicite notamment la poursuite de la décrispation de la vie politique, le respect des libertés publiques, de la libération des prisonniers dits « politiques », ainsi que le retour des exilés. Ces requêtes du président Yayi, ne sont pas nouvelles. Pendant les dix ans du régime de la rupture, il avait porté ces revendications et en a fait l’aîné de ses soucis.

Même les nombreuses sorties politiques du principal parti d’opposition « Les Démocrates », qu’il dirigeait, suivies de requêtes dans ce sens, n’avaient pas suffi à faire fléchir l’ex-président Patrice Talon. Alors que le Bénin s’apprête à célébrer le 66e anniversaire de son indépendance, le 1er août 2026, les béninois retiennent leur souffle.

Romuald Wadagni qui, jusqu’ici, fait un mandat sans-faute, selon certains observateurs, pourrait surprendre tout le monde en accordant la grâce présidentielle aux détenus les plus improbables. En l’occurrence, l’ancienne ministre Reckya Madougou, et le Constitutionnaliste Joël Aïvo sans oublier les autres pour lesquels, se bat l’ancien patron de la Banque ouest-africaine de Développement (BOAD), Thomas Boni Yayi.

« Ni opportune ni légitime »

Au départ, Boni Yayi n’était pas d’accord avec le projet de création d’un parlement bicaméral au Bénin et l’avait notifié à travers un message publié le 03 novembre 2025 sur sa page Facebook.

«La création d’un Sénat n’est ni opportune ni légitime. Elle constitue une initiative antidémocratique, contraire aux principes fondamentaux de la séparation des pouvoirs et au bon fonctionnement de nos institutions», a-t-il alerté. Il avait également estimé que la composition de l’institution «soulève de sérieuses interrogations, tout comme ses attributions et sa fonction, qui paraissent conçues pour servir un seul homme, ignorant l’intérêt général».

Conclusion : «Je ne saurais en aucun cas faire partie de cette institution comme membre de droit ni cautionner un tel projet, dont le dessein véritable semble être de modifier la nature même de notre régime politique».

Intervenant samedi dernier sur une Web TV de la place, Eugène Azatassou, figure de proue du parti « Les Démocrates », et proche de l’ancien présidente, a affirmé qu’il compte bel et bien siéger au sein de la nouvelle institution. Il lie ce changement de posture à son titre de membre de droit. Ce sera une façon également pour l’ex-président de forcer la main au nouveau régime afin d’obtenir la libération des personnalités politiques et le retour des exilés.

« Dès que c’est une institution de la République, il n’y a, à mon avis, pas de raison pour que, étant membre de droit, le président Boni Yayi ne siège pas », a-t-il tranché sans détour.

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