Mourir de faim pour rencontrer Jésus : le pasteur Paul Mackenzie fixé ce lundi dans l’affaire de Shakahola

Le procès le plus retentissant du Kenya lié à une dérive sectaire touche à sa fin. Ce lundi 19 octobre 2026, un tribunal de Mombasa doit rendre son verdict dans l’affaire du pasteur Paul Mackenzie, accusé d’avoir provoqué la mort de plus de 450 fidèles. Le gourou autoproclamé et ses complices sont jugés pour le…

2 minutes

Temps de lecture

Le procès le plus retentissant du Kenya lié à une dérive sectaire touche à sa fin. Ce lundi 19 octobre 2026, un tribunal de Mombasa doit rendre son verdict dans l’affaire du pasteur Paul Mackenzie, accusé d’avoir provoqué la mort de plus de 450 fidèles.

Le gourou autoproclamé et ses complices sont jugés pour le meurtre de 191 personnes, en majorité des enfants, mortes de faim au nom d’un culte. Ils ont tous plaidé non coupable. Le pasteur fait également face à d’autres chefs d’accusation, notamment homicide involontaire et terrorisme, dans des procédures distinctes.

L’affaire, surnommée le « massacre de la forêt de Shakahola », avait bouleversé le pays en 2023. Des centaines de corps avaient été découverts dans l’arrière-pays de Malindi, près de la côte kényane, enterrés dans des fosses communes peu profondes.

Trois ans après les premières découvertes, d’autres corps ont continué d’être exhumés dans les zones environnantes, portant le bilan à plus de 400 morts. En 2024, la Commission nationale kényane pour les droits de l’homme évoquait 429 victimes, dont certaines n’ont jamais été identifiées.

Selon l’accusation, Mackenzie aurait encouragé ses adeptes à jeûner jusqu’à la mort pour « rencontrer Jésus ». Le parquet soutient qu’il a « initié et dirigé » cette pratique extrême.

Hiérarchie de la mort

L’acte d’accusation décrit même une « hiérarchie de la mort » : les enfants devaient mourir en premier, puis les femmes, et enfin les hommes. Les rapports d’autopsie cités à l’audience évoquent des décès par inanition, mais aussi par asphyxie, strangulation et traumatismes crâniens.

Durant le procès, plus de 200 témoins ont été entendus sur les faits survenus entre 2021 et 2023 dans un ranch de 325 hectares au cœur de la forêt de Shakahola.

La défense conteste l’ensemble des charges. Les avocats de Mackenzie estiment que le dossier repose sur « des preuves circonstancielles, des témoignages de seconde main et des conclusions médico-légales non probantes ».

Le pasteur avait été interpellé en avril 2023 après qu’un groupe de défense des droits humains a alerté les autorités sur le sort de certains fidèles. L’opération de fouilles qui a suivi a révélé l’ampleur du drame, au point de saturer les morgues locales et d’obliger les autorités à suspendre temporairement les recherches.

Ce n’était pas la première fois que Mackenzie était dans le viseur de la justice. Fondateur de la Good News International Church en 2003, qui comptait des milliers d’adeptes à Nairobi et sur la côte, il avait fermé ses églises en 2019. En 2017, il avait déjà été arrêté  pour « radicalisation » avant d’être acquitté, puis de nouveau interpellé en 2019 à Shakahola après la mort de deux enfants par famine.

À propos de l’auteur

Avatar de Ignace Tossou