Au Bénin, le nouveau code électoral, adopté en mars dernier par l’Assemblée nationale, continue d’alimenter les débats politiques. Dans une vidéo diffusée ce dimanche 17 novembre 2024 par Reporter Médias Monde, l’ancien président Boni Yayi, aujourd’hui leader du parti d’opposition Les Démocrates, a dénoncé les nouvelles dispositions de cette loi, estimant qu’elles ne garantissent pas des élections inclusives.
S’adressant directement aux leaders traditionnels, Boni Yayi a déclaré : « Laisser le code tel qu’il est aujourd’hui, Majestés, ne peut pas nous conduire aux élections. » Ces propos, largement partagés sur les réseaux sociaux, reflètent les inquiétudes de l’opposition face aux implications de ce texte. Un code controversé Lors de son intervention, Boni Yayi a évoqué les critiques formulées par plusieurs acteurs nationaux, notamment la Conférence Épiscopale du Bénin, la communauté musulmane et des organisations de la société civile. Il a rappelé que l’élection est une affaire du peuple et qu’il est impératif de respecter la loi fondamentale : « Lorsque vous avez eu la chance de venir, il faut faire ce que la loi fondamentale a dit. Il ne faut pas la changer nuitamment, sans consulter les autres. En la modifiant à des fins personnelles ou partisanes, vous exposez le pays à des risques. » Boni Yayi a également réaffirmé l’engagement de son parti à œuvrer pour la paix et la cohésion nationale. Répondant aux accusations portées contre son parti, il a déclaré : « Le parti Les Démocrates n’a aucun plan pour déstabiliser le Bénin. » Il a par ailleurs insisté sur l’importance d’un environnement politique qui permette au pays de répondre aux besoins de sa population. Appel au dialogue national Les préoccupations exprimées par Boni Yayi font écho à celles formulées lors du lancement officiel, le 10 novembre 2024, du cadre de concertation des partis d’opposition. Cette initiative a réuni les principales forces politiques de l’opposition, parmi lesquelles la Grande Solidarité Républicaine (GSR), le Mouvement Populaire de Libération (MPL), la Nouvelle Force Nationale (NFN) et le mouvement « Nous Le Ferons ». Ces partis ont unanimement dénoncé le caractère « crisogène » du nouveau code électoral, qu’ils jugent porteur d’exclusion. Ils appellent à un dialogue politique national inclusif pour assurer des élections générales transparentes, inclusives et pacifiques. La Conférence Épiscopale du Bénin, soutenue par plusieurs organisations de la société civile, partage également cette position et demande une relecture urgente du texte. Pour eux, cette réforme est essentielle pour garantir la stabilité démocratique du pays.















