Le bras de fer entre Washington et la Cour pénale internationale franchit un nouveau palier. Vendredi 9 octobre, quelques heures seulement après l’attribution du prix Nobel de la paix à l’ancienne juge sud-africaine Navi Pillay, les États-Unis ont annoncé de lourdes sanctions contre la CPI.
L’information a été annoncée à travers un communiqué publié par le département d’État américain. Dans sa note, l’administration américaine justifie sa décision par sa volonté de « défendre la souveraineté américaine et ses citoyens contre la menace que représente la Cour pénale internationale ».
En effet, peu avant cette sortie officielle, le secrétaire d’État Marco Rubio avait déjà pris la parole. A l’occasion, il a annoncé l’interdiction de toute transaction avec ce qu’il qualifie de « tribunal voyou ». L’objectif visé serait de « couper la Cour de ses ressources et réduire sa capacité à opérer ».
Concrètement, ces sanctions prévoient une interdiction de toute transaction financière avec l’institution pour une durée de 180 jours, renouvelable selon les « succès ou échecs » de cette pression. Seules quelques exceptions sont prévues, notamment pour la maintenance logicielle, l’accès au cloud ou la gestion des personnes détenues par la Cour.
Pour Marco Rubio, cette décision s’inscrit dans la continuité d’une campagne menée de longue date par l’administration du président Donald Trump pour « démanteler cette juridiction, brique par brique ». Washington affirme avoir cherché une « solution diplomatique », sans succès.
Attaque contre l’État de droit
La réaction de la CPI ne s’est pas fait cependant attendre. Dans un communiqué, l’instance basée à La Haye dénonce une attaque contre l’État de droit et les fondements mêmes de l’ordre juridique international.
« Ce sont des mesures qui visent à intimider notre personnel et à perturber nos activités », estime la Cour. Sa présidente, Tomoko Akane, assure que l’institution continuera à remplir son mandat « en toute indépendance et impartialité, pour le bien des innombrables victimes de crimes graves ». La Cour appelle désormais ses 125 États membres à faire bloc. « L’histoire jugera ce moment », prévient-elle. De son côté, l’Union européenne a déploré une décision « profondément regrettable » et s’est dite prête à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour permettre à la Cour de poursuivre son travail.
Cette nouvelle escalade intervient alors que Donald Trump mène depuis des années une intense campagne pour décrocher le prix Nobel de la paix, une récompense qui lui échappe à chaque édition. L’attribution du prix 2026 à Navi Pillay, figure de la CPI et présidente de la commission d’enquête de l’ONU ayant accusé Israël de génocide à Gaza, a manifestement ravivé les tensions.











