À l’Assemblée Nationale, le vendredi 20 décembre 2024, Patrice Talon a délivré son discours sur l’état de la nation. Bref et concis, son message a néanmoins embrassé plusieurs domaines stratégiques de développement dont l’économie et la sécurité. Toutefois, il y a deux contradictions dans ledit discours que révèle l’ancien ministre Valentin Djènontin.
Dans une longue analyse publiée ce dimanche 22 décembre sur sa page Facebook, l’ancien ministre de la justice béninoise, Valentin Djènontin, a opiné sur le discours du Président de la République. La première partie de son analyse concerne l’usage du groupe de mots « temple de la contradiction politique », employé par le Chef de l’État pour qualifier l’Assemblée Nationale. Selon M. Djènontin, l’emploie de cet ensemble de mots par Patrice Talon, relève de la « profanation lexicale ». « Entendre le président Talon qualifier le parlement de temple de contradiction politique, c’est abuser du peuple. C’est à la limite une injure d’abord pour les députés assis en face de lui, et ensuite une gifle au peuple béninois », a-t-il écrit. Il se justifie : « Le profil psychologique de Monsieur Patrice Talon n’a jamais admis la contradiction. Dans le domaine politique, il déteste la contradiction plus que la peste et le choléra ». Pour étayer son propos, Valentin Djènontin a expliqué comment, en avril 2017, le Président Patrice Talon a exigé des députés de la 7ème législature, le vote du projet de révision de la Constitution sans débat à l’Assemblée nationale. Partant de ce constat, l’ancien député de la 7è législature fait une demande au Chef de l’État. « Je supplie le président Patrice Talon de ne plus tenir un tel discours qui ne vise qu’à projeter dans l’opinion internationale ce qu’il n’est pas et ne représente pas », selon lui. Le contraste économique La deuxième partie du discours auquel Djènontin s’attaque dans son analyse, concerne les prouesses économiques du Bénin, vantées par le Président Talon. En effet, devant les députés de la neuvième législature, le Chef de l’État déclare : « Alors que le monde s’enfonce globalement dans un cycle d’incertitude et d’instabilité, que les foyers de tensions se multiplient ici et là, …… le Bénin continue sans tapage, d’avancer sur le chemin de son développement et de la consolidation de son unité ». Pour l’opposant politique en exil, il existe un contraste frappant entre le développement dont parle le Chef de l’Etat et la réalité du quotidien des béninois, qui végètent de plus en plus dans la misère, soutient-il. Valentin Djènontin a dénoncé les nombreux incidents et bavures policières enregistrées sous l’actuel gouvernement. « Nombreux sont-ils à être tourmentés par la faim, la maladie …», dénonce-t-il. Il a, par ailleurs, évoqué le contexte dans lequel le nouveau code électoral a été promulgué par le Président de la République. Un contexte, marqué par des contestations « par toutes les forces politiques, sociales et religieuse du Pays en raison de son caractère notoirement dangereux pour les élections générales de 2026 ». Selon lui, le nouveau code électoral « a bouché tous les orifices de respiration de la démocratie et empêcher toute concurrence électorale ».















