Tribune : Il y a dix (10) ans ce jour, Olivier Boko rentrait préparer le terrain à Talon
C’est l’anniversaire décennal d’un évènement au symbolisme plus qu’édifiant qui passe ce jour, presque inaperçu. Dix (10) août 2015! Bientôt, il sera 21h à Cotonou…
C’est l’anniversaire décennal d’un évènement au symbolisme plus qu’édifiant qui passe ce jour, presque inaperçu.
Dix (10) août 2015!
Bientôt, il sera 21h à Cotonou. Dehors, dans les alentours de l’aéroport international Bernardin Cardinal Gantin, un mélange d’angoisse et d’espérance s’alterne sur les traits de visages, en écho aux battements saccadés qui rythment les esprits.
Qui sait si dans le cœur des proches et partisans de Patrice Talon que l’on aperçoit, massés en une foule légère, l’on tenait debout comme on l’affichait de façade?
Presque trois (03) années que Patrice et Olivier étaient confinés à l’exil. Trois (03) années à batailler, dos au mur, pour sortir la tête haute d’une procédure judiciaire partie_ pouvait-on s’aviser pour les broyer.
Pourtant, à Cotonou comme à Paris, les décisions de justice tombent et se ressemblent: non-lieu.
On dit de Olivier qu’il est l’ombre de Patrice. On eût pu dire son ange-gardien.
Et du moins, la mission qu’il conduit ce lundi sur Cotonou n’est pas de nature à démentir l’indéfectible lien qui unit les deux hommes.
Le vrombissement du moteur annonce l’amorce de l’atterrissage. On aura vu, peu avant, l’immense gueule de l’oiseau volant piquer légèrement, les ailes déployées vers le tarmac.
Parmi les passagers, un visage retient toutes les attentions.
L’homme est grand; au-delà_je pense_des 1m80. Il est d’une carrure forte encore relevée par le costume rayé dont il est vêtu.
Les parents et amis qui attendent dehors voient défiler divers passagers, accueillis par les leur dans la chaleur des retrouvailles africaines.
Mais près de deux (02) heures après, M. Boko est toujours gardé, confiné, entre les mains des services de l’immigration. Il subit un interminable interrogatoire. Le sang des partisans chauffe, surchauffe.
Les hommes des médias se pressent vers l’aéroport, chaque média voulant vivre les moindres détails d’un feuilleton qui semblait sur le point de rebondir.
Puis enfin, Olivier apparaît dans le hall, libre, et marche, sourire et émotion aux commissures des lèvres, vers l’extérieur de l’aéroport, sous le crépitement des flashes des appareils photos, et une forêt de micros et caméras.
L’on aperçoit, aux premiers rangs, Candide Azannaï, Joseph Djogbénou …et_je crois me souvenir_ Johannes Dagnon.
L’homme s’adresse aux journalistes et aux partisans de ce qui deviendra plus tard le projet politique des Talonnistes: le Nouveau Départ:
« Je remercie le peuple béninois pour son soutien. Je suis très heureux de revenir sur la terre de mes ancêtres », avant de s’engouffrer dans une voiture 4/4 qui part en trombe de l’aéroport.
Trois (03) mois avant, et à la suite des différentes décisions de justice en leur faveur, Patrice TALON, Olivier BOKO et toutes les personnes citées dans les affaires dites de : « tentatives d’empoisonnement et de coups d’État » avaient fait l’objet d’un pardon solennel prononcé par Boni YAYI, avec pour effet immédiat la cessation de toutes les poursuites et la libération des prisonniers.
« Nous rentrons au pays » , se serait exclamé Patrice ; réprimé par son ami, Olivier, lequel se propose de descendre en premier, au prix de tous les risques éventuels, pour sonder le terrain et préparer l’arrivée de son ami, son frère.
En prenant le risque de s’offrir en holocauste, au besoin, pour prémunir son ami du moindre mal, jugeant la survie de ce dernier plus capitale que sa vie, sa liberté, à lui, Olivier pose un acte rare et grandiose qui l’aura élevé_ définitivement pouvait-on croire_ dans l’esprit et l’estime de Patrice et fait passer ce tandem au rang de légende.
En repartant quelques semaines après ramener Patrice au pays pour le conduire, par des voies escarpées, vers la conquête de la Marina au bout de six (06) mois, qui pourrait parier qu’à l’épreuve du pouvoir, une vilaine guerre de succession finirait, au bout de neuf (09) ans, par emporter le stratège discret qui aura continué, jusqu’à son interpellation, de paraître le favori de la mouvance pour briguer la magistrature suprême ?
Au demeurant, le souvenir de ce 10 août 2025, dix (10) ans après l’épique retour au bercail, n’aura pas l’unique mérite de rappeler un pan du rôle d’un homme de l’ombre. Il pourrait aussi rappeler que l’influence que l’on lui prêtait dans les arcanes du pouvoir, pourrait n’être que la résultante proportionnelle du rôle éminemment important qu’il aura joué dans la conquête du pouvoir, aux côtés de Patrice, son frère, son ami, dans le meilleur; et plus encore dans le pire.
Mais il n’est aujourd’hui qu’un « monstre », dit-on.
Un monstre répugnant enfermé dans les ténèbres d’une lugubre geôle, condamné à vingt ans de bagne.
En ce jour anniversaire, cher fofo, cher ami, toutes mes pensées se portent vers toi.
Constantin AMOUSSOU
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