Terrorisme : voici comment les groupes armés recrutent et exploitent les jeunes en Afrique de l’Ouest

Face à la montée de la menace terroriste dans la sous-région, le chef d’état-major des armées françaises a mis en lumière un phénomène préoccupant …

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Face à la montée de la menace terroriste dans la sous-région, le chef d’état-major des armées françaises a mis en lumière un phénomène préoccupant . Il s’agit de l’implication croissante de jeunes dans des réseaux armés, souvent attirés ou piégés par des logiques économiques et idéologiques.

La progression des groupes terroristes en Afrique de l’Ouest ne repose pas uniquement sur la force militaire. Elle s’appuie aussi sur un facteur clé : le recrutement de jeunes, souvent vulnérables, dans des réseaux de plus en plus structurés et transnationaux. En visite à Cotonou, le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées françaises, a livré une analyse sans détour de cette réalité. Selon lui, les groupes armés actifs dans la région ne sont plus seulement locaux. « Les groupes qui attaquent le Bénin sont composés de soldats qui viennent de très loin », a-t-il affirmé sur Bip radio. Cette dimension internationale du terrorisme complique davantage la lutte. Les combattants circulent entre plusieurs pays, s’adaptent aux terrains et s’appuient sur des réseaux bien organisés. Mais au cœur de ce système, les jeunes occupent une place de choix. Le général met en garde contre les mécanismes d’embrigadement : « Il y a une vraie dynamique d’imposition, d’une vision islamiste radicale dans la région ». Une idéologie qui cible particulièrement une jeunesse en quête de repères, dans des zones souvent fragilisées par la pauvreté et le manque d’opportunités. À cela s’ajoute un autre levier puissant : l’économie parallèle. « Le trafic de pétrole, par exemple, qui permet de s’enrichir facilement, mais qui met des pauvres jeunes dans les mains pas fréquentables », a-t-il expliqué. Ces activités illicites deviennent des portes d’entrée vers des groupes armés, offrant des revenus rapides dans des contextes où les alternatives sont limitées. Dans le nord du Bénin, déjà touché par des attaques, cette réalité alimente les inquiétudes. Les groupes terroristes exploitent les failles sociales pour recruter, manipuler et fidéliser de nouveaux combattants.

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