Tentative de coup d’Etat ou ambition déçue ? Les dessous de la rupture entre Talon et Boko

Le matin du mardi 24 septembre, les Béninois ont appris avec stupéfaction l’arrestation d’Olivier Boko, homme d’affaires, ami très proche de Patrice Talon et membre influent de son système de gouvernance, aux côtés d’Oswald Homeky, l’ancien ministre des Sports. Le lendemain, le procureur spécial près la CRIET, Mario Mètonou, a annoncé leur implication dans une…

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Le matin du mardi 24 septembre, les Béninois ont appris avec stupéfaction l’arrestation d’Olivier Boko, homme d’affaires, ami très proche de Patrice Talon et membre influent de son système de gouvernance, aux côtés d’Oswald Homeky, l’ancien ministre des Sports. Le lendemain, le procureur spécial près la CRIET, Mario Mètonou, a annoncé leur implication dans une tentative de déstabilisation du régime de la Rupture.

Si cette nouvelle a surpris plus d’un, elle serait la conséquence d’un conflit latent entre ces amis de longue date, apparu il y a quelques mois. Le choix du dauphin de Patrice Talon pour l’élection présidentielle de 2026 est un sujet de grand intérêt dans les milieux politiques béninois et parmi la population. La méthode de désignation de ce successeur serait à l’origine des divergences entre le président et Olivier Boko, et aurait atteint un point de non-retour. Selon des informations rapportées par Jeune Afrique, dans sa parution du 03 octobre dernier, la rupture entre les deux hommes aurait culminé le 1er avril dernier, lors d’une réunion avec le premier cercle du Président de la République. Parmi les participants à cette réunion figuraient Olivier Boko, dont les ambitions présidentielles étaient déjà manifestes, Oswald Homeky, qui avait démissionné du gouvernement en octobre 2023 après avoir exprimé son soutien à une éventuelle candidature de Boko, ainsi que Johannes Dagnon, patron du Bureau d’analyse et d’investigation (BAI), cousin et conseiller spécial du président. Lors d’une précédente rencontre avec de jeunes entrepreneurs, ces derniers avaient appelé Dagnon à se présenter en 2026. D’autres personnalités politiques importantes étaient présentes, telles que Séverin Quenum, ancien ministre de la Justice, Joseph Djogbénou, ex-président de la Cour constitutionnelle et actuel président de l’Union progressiste le Renouveau, et Charles Toko, ancien maire de Parakou devenu député du Bloc républicain. Lors de cette réunion, Patrice Talon aurait expliqué qu’il lui revenait de désigner son éventuel successeur, rejetant ainsi l’idée d’un choix collégial. Après la réunion, une partie des participants se serait retrouvée chez Johannes Dagnon pour un débriefing. Le contenu de cette conversation, rapporté à Patrice Talon, l’aurait fortement contrarié. C’est à la suite de cet incident qu’il se serait séparé de Johannes Dagnon. De son côté, Olivier Boko aurait alors pris la décision de tracer son propre chemin vers la présidence, une initiative qui aurait définitivement détérioré ses relations avec le chef de l’État. « Il ne faut pas chercher la raison du conflit dans une supposée volonté de Patrice Talon de briguer un troisième mandat, car ce n’est pas le cas », aurait confié un député proche des deux hommes. « Le problème de fond est une question de vision, non de personnes. Ensemble, nous avons mis en place le système partisan. Ce système est désormais solide, on ne peut pas, comme veut le faire Olivier Boko, s’affranchir des partis. En agissant ainsi, il a créé un sérieux problème au sein de la mouvance. », selon les confidences faites au média panadfricain. Face aux difficultés rencontrées pour réaliser son rêve de succéder à Talon, Olivier Boko aurait-il opté pour un coup d’État ? Cette question trouvera une réponse claire à l’issue de la procédure judiciaire en cours à la CRIET. Olivier Boko et Oswald Homeky sont poursuivis pour complot contre l’autorité de l’Etat, blanchiment de capitaux et tentative de corruption d’agent public. Ils sont actuellement placés sous mandat de dépôt, en attendant la suite des investigations.

 

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