Tensions régionales : le Tchad ferme sa frontière avec le Soudan

N’Djamena a décidé de fermer sa frontière orientale après des affrontements survenus samedi 21 février dans la localité soudanaise de Tina. Cette décision, selon le..

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N’Djamena a décidé de fermer sa frontière orientale après des affrontements survenus samedi 21 février dans la localité soudanaise de Tina. Cette décision, selon le communiqué publié par les autorités tchadiennes ce 23 février, fait suite aux incursions répétées et aux violations commises par des forces en conflit au Soudan sur le territoire tchadien.

Le gouvernement tchadien a annoncé ce lundi, la fermeture immédiate de sa frontière avec le Soudan à la suite d’affrontements enregistrés dans la ville frontalière de Tina. « Par conséquent, les points de passage frontaliers entre le Tchad et le Soudan sont fermés jusqu’à nouvel ordre. Les déplacements transfrontaliers des biens et des personnes sont suspendus. Toutefois, des dérogations exceptionnelles, strictement motivées par des raisons humanitaires peuvent être accordées sur autorisation préalable des autorités compétentes », détaille le communiqué des autorités tchadiennes. Dans le document signé par le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, Gassim Chérif Mahamat, les autorités évoquent des « incursions répétées » et des violations commises par des forces engagées dans la guerre qui oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR). Selon le ministre, cette mesure vise avant tout à prévenir « tout risque d’expansion du conflit au Tchad ». La décision intervient dans un contexte sécuritaire déjà fragile à l’est du pays, où les mouvements armés et les déplacements de populations liés à la crise soudanaise restent fréquents. D’après une source militaire tchadienne, l’incident survenu le samedi 21 février a coûté la vie à au moins six soldats tchadiens appartenant à la force mixte chargée de sécuriser la zone frontalière. Ils étaient déployés au poste de passage de Tina, côté tchadien, lorsqu’ils ont été visés par une attaque attribuée à des paramilitaires soudanais. Quatre civils tchadiens auraient également été tués lors de l’assaut. Une réunion de crise présidée par le Premier ministre est prévue afin d’évaluer la situation sécuritaire et les mesures à adopter. L’armée tchadienne n’exclut pas une riposte et affirme que le pays « se réserve le droit de répondre à toute agression ou violation de l’intégrité de son territoire ». Les autorités militaires relativisent toutefois la responsabilité directe du commandement des FSR, évoquant l’action « d’éléments incontrôlés » qui auraient agi de leur propre initiative. Ce nouvel incident s’ajoute à une série d’accrochages récents à la frontière. En janvier, sept soldats tchadiens avaient déjà été tués dans un affrontement similaire, tandis que deux autres avaient péri fin décembre 2025 lors d’une frappe de drone sur le territoire tchadien.

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