Talon-Soglo. Rencontre inédite entre les deux personnalités avant le voyage de l’ancien maire et Boni Yayi à Niamey

Loin des regards indiscrets, l’Investigateur a appris que le président de la République, Patrice Talon et son aîné Nicéphore Soglo ont eu un tête-à-tête avant le voyage des deux anciens présidents, le lundi 24 juin 2024, à Niamey. Contrairement à certains laudateurs qui donnaient à l’homme fort de la Marina dans le cadre du voyage,…

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Loin des regards indiscrets, l’Investigateur a appris que le président de la République, Patrice Talon et son aîné Nicéphore Soglo ont eu un tête-à-tête avant le voyage des deux anciens présidents, le lundi 24 juin 2024, à Niamey. Contrairement à certains laudateurs qui donnaient à l’homme fort de la Marina dans le cadre du voyage, le bon sans confession, les lignes ont bougé à Cotonou avant l’odyssée du Niger, à priori risquée pour les deux anciens hommes d’Etat.

La Marina a-t-elle donné son aval avant le voyage des deux anciens présidents Boni Yayi et Nicéphore Soglo, au Niger le lundi 24 juin dernier ? La question est sur les lèvres et les commentaires vont bon train sur les réseaux. Pour un débat tout aussi passionnant, parmi les (pro et anti) Talon, certains ont, sans être dans le secret des dieux, tranché mais à tort. Car, pour ces derniers, ce voyage empreint de médiation n’a rien d’officiel. Il est vrai que la Marina n’a pas sorti de communiqué officiel pour confirmer qu’elle a missionné ces deux personnalités dont le voyage à Niamey faisait office de médiation, mais beaucoup de tractations ont été menées derrière le rideau. De source concordante, l’Investigateur a appris qu’un tête-tête d’une heure d’horloge aurait précédé ce voyage, au domicile privé du Chef de l’Etat. Et, il a eu lieu entre l’actuel patron de la Marina et le premier président de l’ère du Renouveau Démocratique. L’ancien maire de Cotonou, Nicéphore Soglo faut-il encore le rappeler, aurait eu une rencontre avec le président de la République. Au cours de leur tête-à-tête en effet, les deux personnalités ont passé en revue, les coulisses de la mission qui tout le monde le savait déjà, paraissait délicate pour Nicéphore Soglo et Boni Yayi du fait du niveau du mercure dans le thermomètre entre Cotonou et Niamey. A dire vrai, ils ont parcouru les sujets à débattre avec le Général putschiste de Niamey, déjà sur pied de guerre, compte tenu de ses récriminations contre les autorités de Cotonou. L’un dans l’autre, rapporte la source, le président Patrice Talon était au fait de la mission qui a eu lieu. Il ne l’aurait pas apprise sur les réseaux sociaux comme le pensent certains sur la toile. Pourquoi il n’y a pas eu de déclaration En effet, si après la mission, il n’y a pas eu de déclaration à la presse au terme de la rencontre entre les anciens présidents du Bénin et le Général Tchiani, ceci s’explique à travers une seule raison. Selon les informations, l’ancien président Nicéphore Soglo, missionné officieusement, aurait bien voulu rendre compte au Chef de l’Etat Patrice Talon avant toute déclaration. Cela ne voudra pas dire néanmoins que Hercule n’a pas été dérangé depuis Niamey jusqu’à Cotonou. Des curieux en passant par les hommes des médias, tous ont tenté de tirer du nez de l’ancien maire de Cotonou, des vers. Sauf qu’ils ont tapé poteau. Car ce dernier est resté de marbre et entend rendre compte à qui de droit avant toute déclaration. Ce qui dérange le régime en place L’ancien président Nicéphore Soglo devrait-il effectuer seul le voyage ? Cette question est sans doute au cœur des débats dans certains milieux. A dire vrai, si le prédécesseur du Chef de l’Etat, Boni Yayi a été sollicité au pied levé pour accompagner son aîné, c’est parce la décision a été prise sur un coup de tête. Car, dans l’entourage de l’ancien maire de Cotonou, on s’est rendu compte que la compagnie de Boni Yayi lui ferait un bien fou. Mais du côté des régimistes, cela n’a pas été apprécié. En raison de la prise de position radicale de Boni Yayi qui tous les week-ends parcourt monts et vallées, à la recherche d’électeurs pour consolider un bloc susceptible de lui permettre de concrétiser son ultime rêve en 2026 : l’alternance. La Marina est d’autant plus horripilée, selon une autre source, par l’attitude de l’ancien président de la Banque ouest-africaine de Développement (BOAD), qui une fois sur le terrain a fait ce qu’il adore le plus : les bains de foule. Car, il ne faut pas oublier qu’une fois sur le terrain à Niamey, Boni Yayi est allé à la rencontre des ressortissants béninois et en a profité pour poser des actes désormais indélébiles dans la mémoire collective des nigériens meurtris par le deuil de 20 soldats, lors du passage du binôme (Soglo-Yayi). Sur le terrain à Niamey Il faut dire qu’annoncés au Niger, les anciens Présidents Boni Yayi et Nicéphore Soglo y étaient effectivement. A l’occasion, ils ont été accueillis par les autorités de Niamey. Notamment, le ministre d’État, ministre de l’intérieur, de la sécurité publique et de l’Administration du Territoire, le Général Mohamed Toumba et par le Dr Soumana Boubacar, ministre Directeur de Cabinet du président du CNSP, le Général de Brigade Abdourahamane Tiani. Le lendemain de leur arrivée, les anciens présidents du Bénin ont été reçus par le leader du CNSP, le général de brigade Abdourahamane Tchiani. En présence du ministre d’État, ministre de l’intérieur, de la sécurité publique et de l’Administration du Territoire, le Général Mohamed Toumba ; Dr Soumana Boubacar, ministre Directeur de Cabinet du président du CNSP, le Général de Brigade Abdourahamane ; et le Premier ministre M. Ali Mahamane Zeine. L’objectif visé à travers le déplacement des personnalités béninoises est de parvenir à décrisper la tension entre le Bénin et le Niger. Deux pays frères, les relations entre le Niger et le Bénin ont été refroidies par l’arrivée des militaires au pouvoir après le coup d’Etat du 26 juillet 2023. Sanctionné par la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le Niger a gardé une dent pourrie contre le Bénin qui a été l’un des pays à appliquer à la lettre, les sanctions édictées contre les nouvelles autorités de Niamey. Et, malgré la levée des sanctions par la Cédéao suivie de l’ouverture de sa frontière avec le Niger, le Bénin demeure dans le collimateur de la junte qui n’est pas prête à le pardonner. A cette atmosphère déjà tendue, s’ajoutent les difficultés liées à l’embarquement du pétrole nigérien à Sèmè-Podji.

 

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