Henry Dogo, magistrat du ministère public au Togo, a exprimé des préoccupations concernant la manière dont la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET) a traité l’affaire des ravisseurs de Steve Amoussou.
En effet, lors d’un procès en flagrant délit, la juridiction spéciale a condamné Jimmy Gandaho et Géraud Gbaguidi à 24 mois de prison, dont 12 mois fermes, et à verser 05 millions de francs CFA à la victime à titre de dommages et intérêts pour arrestation illégale. Ouanilo Médégan Fagla, cité parmi les présumés ravisseurs par la justice togolaise, a quant à lui été relaxé. Henry Dogo a critiqué la rapidité avec laquelle cette affaire a été jugée. Selon lui, la procédure adoptée était inappropriée étant donné la gravité des faits. « Quand on observe de près la procédure sommaire ou le flagrant délit et la vitesse avec laquelle elle a été menée, on peut légitimement penser que l’objectif de la procédure initiée au Bénin n’était pas uniquement la sanction pénale des auteurs. La gravité des faits, qui débordent le cadre du droit pénal pour toucher au droit international, et la violation de la souveraineté territoriale du Togo ne justifient pas une procédure sommaire », a-t-il confié au média Afrique Inter. Dogo a également souligné la nécessité d’une collaboration judiciaire entre le Bénin et le Togo pour traiter cette affaire. « L’État togolais, qui est victime, aurait pu faire valoir ses droits et intérêts dans une procédure plus adaptée, impliquant une coopération judiciaire ou policière sérieuse, dans l’intérêt des deux États », a-t-il ajouté. Malgré le jugement rendu par la CRIET, le magistrat togolais a précisé qu’il « n’existe aucun obstacle juridique à l’action publique déclenchée par le procureur de Lomé. Elle ira donc jusqu’à son terme. »















