Des heures passées dans les embouteillages, des rendez-vous manqués, des journées de travail perturbées… Les récentes difficultés de circulation autour du pont de Djonou, à Abomey-Calavi, ont relancé le débat sur les solutions à mettre en place lors de situations exceptionnelles. Sur le terrain, plusieurs usagers plaident pour un recours temporaire au télétravail, notamment pour les administrations et les entreprises dont les activités le permettent.
« Je suis parti de chez moi à 6 heures. Je suis arrivé au bureau après 10 heures. Une demi-journée perdue ». Comme de nombreux usagers, Arnaud, fonctionnaire en service à Cotonou, garde un mauvais souvenir des embouteillages qui ont paralysé ces derniers jours les abords du pont de Djonou.
Sur cet axe stratégique reliant Abomey-Calavi à Cotonou, automobilistes, conducteurs de taxi-moto, transporteurs et simples passagers ont passé plusieurs heures à l’arrêt. Certains ont préféré laisser leur véhicule pour terminer le trajet à moto ou à pied, tandis que d’autres ont tout simplement renoncé à leurs déplacements.
Pour beaucoup, ces difficultés auraient pu être limitées grâce à des mesures exceptionnelles.
« Quand une telle situation se présente, pourquoi ne pas autoriser les administrations à faire du télétravail pendant un ou deux jours ? Aujourd’hui, beaucoup de services peuvent fonctionner à distance. Cela réduirait le nombre de véhicules sur les, suggère Arnaud.
Cette proposition revient fréquemment dans les échanges avec les usagers. Ils rappellent qu’une grande partie des fonctionnaires et des salariés travaillant à Cotonou résident à Abomey-Calavi. Chaque matin, des milliers de personnes empruntent les principaux axes reliant les deux villes. Lorsqu’un incident ou des travaux perturbent la circulation, les conséquences se font rapidement sentir sur l’ensemble du réseau routier.
Pour Clarisse, employée dans une entreprise privée, le télétravail ne devrait pas être perçu comme une mesure exceptionnelle difficile à mettre en œuvre, mais comme un outil de gestion des crises.
« Si les administrations et certaines entreprises autorisent leurs agents à travailler à distance pendant une ou deux journées, il y aurait forcément moins de voitures sur les routes. Ceux qui sont obligés d’être physiquement présents circuleraient plus facilement », estime-t-elle.
D’autres usagers proposent également un réaménagement provisoire des horaires de travail. Selon eux, faire commencer les services à des heures différentes permettrait de réduire l’affluence aux heures de pointe.
Les conducteurs de taxi-moto, eux aussi, ont ressenti les effets de cette paralysie. « Nous avons passé la journée dans les bouchons. Les clients étaient stressés, nous aussi. On consomme plus de carburant et on perd du temps », raconte Ibrahim, conducteur de taxi-moto.
Au-delà du télétravail, les personnes interrogées souhaitent une meilleure anticipation des grands chantiers routiers. Elles demandent une communication plus régulière sur l’évolution des travaux, un renforcement de la présence des agents de régulation aux principaux carrefours ainsi que la mise en place d’itinéraires de déviation clairement identifiés.
Pour ces usagers, l’épisode du pont de Djonou montre surtout la forte dépendance entre Abomey-Calavi et Cotonou. Avec l’expansion démographique de Calavi et le nombre croissant de travailleurs qui effectuent chaque jour le trajet vers la capitale économique, ils estiment que les autorités doivent désormais intégrer des solutions d’organisation du travail dans leur stratégie de gestion des perturbations majeures.
« Les travaux sont nécessaires et personne ne les conteste. Mais lorsque des situations exceptionnelles se présentent, il faut aussi des réponses exceptionnelles », résume un usager rencontré sur les lieux.
En attendant la fin des travaux, beaucoup espèrent que les difficultés vécues ces derniers jours serviront de leçon et permettront aux autorités de mieux préparer les prochaines périodes de forte perturbation.











