Sexe en ligne pour escroquer : Interpol arrête 260 cybercriminels dans 14 pays dont le Bénin (liste)

Interpol a annoncé l’arrestation de 260 cybercriminels dans 14 pays africains lors de l’opération Contender 3.0. Accusés d’escroqueries sentimentales et de sextorsion, ils auraient fait..

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Interpol a annoncé l’arrestation de 260 cybercriminels dans 14 pays africains lors de l’opération Contender 3.0. Accusés d’escroqueries sentimentales et de sextorsion, ils auraient fait plus de 1 400 victimes pour un préjudice estimé à 2,8 millions de dollars.

L’Organisation internationale de police criminelle (Interpol) a annoncé, vendredi 26 septembre 2025, l’arrestation de 260 présumés cybercriminels impliqués dans des escroqueries sentimentales et des cas de sextorsion. Selon l’institution, ces individus auraient fait 1 463 victimes pour un préjudice estimé à 2,8 millions de dollars, soit environ 1,57 milliard de francs CFA. Baptisée Contender 3.0, l’opération s’est déroulée du 28 juillet au 11 août 2025 dans 14 pays africains : le Bénin, l’Angola, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Kenya, le Nigéria, le Rwanda, le Sénégal, l’Afrique du Sud, l’Ouganda et la Zambie. Pendant quinze jours, les forces de l’ordre ont ciblé des réseaux criminels transnationaux exploitant les réseaux sociaux et autres plateformes numériques pour piéger leurs victimes. Interpol précise que l’opération a particulièrement visé deux formes de criminalité numérique : les escroqueries sentimentales, où les auteurs établissent de faux liens affectifs pour soutirer de l’argent, la sextorsion, où des images ou vidéos intimes sont utilisées à des fins de chantage. L’opération a conduit au démantèlement de 81 infrastructures criminelles et à la saisie de 1 235 appareils électroniques, ainsi que de cartes SIM, clés USB et faux documents. Si les résultats du Bénin n’ont pas été détaillés, certains pays ont livré un bilan précis :
  • Ghana : 68 suspects arrêtés, 108 victimes identifiées et 835 appareils saisis.
  • Sénégal : 22 suspects interpellés, environ 120 victimes pour un préjudice de 34 000 dollars.
  • Côte d’Ivoire : 24 arrestations et 809 victimes recensées.
  • Angola : 8 suspects arrêtés et 28 victimes identifiées.
Au Ghana, les cybercriminels utilisaient de faux profils et des identités volées pour inventer des frais fictifs (messagerie, douane) et extorquer leurs victimes. Au Sénégal, les escrocs usurpaient l’identité de célébrités pour manipuler émotionnellement leurs cibles. En Côte d’Ivoire, des réseaux créaient de faux profils afin d’obtenir des images intimes, ensuite utilisées pour faire chanter les victimes. En Angola, de faux documents permettaient de créer des identités fictives pour masquer les transactions financières. Pour Cyril Gout, directeur exécutif par intérim des services de police d’Interpol, la tendance est alarmante : « Partout en Afrique, les unités de lutte contre la cybercriminalité signalent une forte augmentation des crimes numériques, tels que la sextorsion et les escroqueries amoureuses. En collaboration avec nos pays membres et nos partenaires du secteur privé, nous restons déterminés à perturber et démanteler les groupes qui s’attaquent aux personnes vulnérables en ligne. »

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