Sénat au Bénin : le gouvernement répond aux critiques sur le choix des personnalités nommées

La publication de la liste des personnalités désignées par le président de la République pour compléter la composition de la première mandature du Sénat continue de susciter des réactions. Face aux critiques dénonçant le retour de plusieurs figures politiques, le gouvernement défend un choix fondé sur la Constitution et l’expérience des personnalités appelées à siéger.…

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Wilfried Houngbédji sur le sénat

La publication de la liste des personnalités désignées par le président de la République pour compléter la composition de la première mandature du Sénat continue de susciter des réactions. Face aux critiques dénonçant le retour de plusieurs figures politiques, le gouvernement défend un choix fondé sur la Constitution et l’expérience des personnalités appelées à siéger.

La composition de la première mandature du Sénat continue d’alimenter le débat au Bénin. Après la publication de la liste des personnalités désignées par le président de la République Romuald Wadagni, pour compléter la composition de cette nouvelle institution et porter l’effectif total à 25 membres, plusieurs ont dénoncé le retour de visages bien connus de la scène politique. Une critique résumée par une formule largement relayée : « On prend les mêmes et puis on recommence ».

Invité de l’émission « L’Entretien Grand Format » sur Canal 3, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji  a répondu à ces reproches en rappelant d’abord que la composition du Sénat est encadrée par la Constitution. « Pourquoi vous priveriez d’expérience et d’efficacité de personnes qui ont eu l’occasion de faire leurs preuves ? », a-t-il lancé. Le ministre a expliqué que certains membres siègent de droit au Sénat. C’est notamment le cas des anciens présidents de la République. Il en est également ainsi des anciens présidents de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle ayant exercé au moins la moitié de leur mandat.

« La loi dit, donc prescription légale, les anciens présidents de la République… La même loi dit que si vous avez été président de l’Assemblée nationale ou de la Cour constitutionnelle, et que vous avez exercé au moins la moitié du mandat, vous êtes éligible pour siéger au Sénat comme membre de droit », a-t-il rappelé.

Le porte-parole a précisé que les personnalités désignées par le chef de l’État viennent compléter cette composition prévue par les textes. Revenant sur les critiques, le ministre a insisté sur la vocation du Sénat, qu’il présente comme une institution où l’expérience doit primer. « Nous savons tous que l’expérience accumulée par ces personnes qui en ont tellement vu contribue à leur sagesse », a-t-il affirmé. Selon lui, la présence d’anciens responsables de premier plan est cohérente avec le rôle attendu de cette nouvelle chambre.

Il est même allé plus loin, estimant que l’opinion aurait sans doute été plus critique si le Sénat avait été composé en majorité de personnalités peu expérimentées. « Vous et moi aurions été appelés au Sénat que, justement, l’opinion s’interrogerait (…). Mais si cinq, dix ou plus qui n’ont pas grande expérience de la vie s’y retrouvaient, on s’interrogerait légitimement sur la pertinence des choix », a-t-il soutenu.

Interrogé sur le fait que le passage à de hautes fonctions ne signifie pas nécessairement que leurs titulaires ont été performants, le porte-parole a reconnu que l’appréciation des bilans politiques reste subjective. « Ce n’est pas ça qui entre en ligne de compte aujourd’hui. La qualité, en ce qui le concerne, c’est d’avoir été président de la République », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que, quels que soient les jugements portés sur leur gouvernance, ces anciens dirigeants ont acquis une expérience précieuse.

« Tous, en tant que Béninois, nous leur avons confié la gestion de notre pays. Qu’ils aient bien fait ou pas, ils ont accumulé une telle somme d’expériences que leur regard, leur propos, vont être utiles au sein du Sénat », a expliqué l’ancien secrétaire général adjoint du gouvernement .

 

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