La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a examiné, jeudi 2 juillet 2026, une affaire de séquestration qui implique deux individus, dont un ancien fiancé. Ils sont accusés d’avoir retenu une jeune femme de 22 ans afin de la contraindre à renouer avec une relation sentimentale rompue, en violation de son consentement.
Les faits se seraient déroulés à la fin du mois de mai 2026 dans la commune de Zogbodomey, plus précisément à Zakpota. Les deux prévenus, un conducteur de taxi-moto et l’un de ses proches, sont poursuivis pour avoir enlevé et retenu une jeune femme dans le but de la persuader de reprendre une ancienne relation amoureuse.
À la barre, les versions des parties ont mis en lumière des récits divergents. Le principal accusé, présenté comme l’ex-fiancé de la victime, a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Son coaccusé, en revanche, conteste toute implication dans cette affaire.
Selon la jeune femme âgée de 22 ans, elle a entretenu une relation de longue durée avec le principal prévenu, qui avait même introduit une demande officielle auprès de sa famille. Après plusieurs années de relation, elle affirme avoir décidé d’y mettre un terme, estimant que celle-ci n’avait plus d’avenir.
La victime explique également avoir quitté son village pour Cotonou afin d’exercer comme ménagère, avec l’accord de ses parents. C’est dans ce contexte qu’elle aurait entamé une nouvelle relation sentimentale, dont elle est aujourd’hui enceinte de deux mois.
Le jour des faits, alors qu’elle raccompagnait une connaissance à moto en compagnie de son frère, elle affirme avoir été interceptée par plusieurs individus. Elle dit avoir reconnu son ancien compagnon et son ami parmi les auteurs présumés. Après avoir déposé son frère, elle aurait été conduite au domicile de son ex-fiancé, où elle serait restée du dimanche au lundi.
Durant cette période, la jeune femme affirme n’avoir subi aucune violence physique, mais indique avoir été soumise à des pressions répétées visant à la convaincre de reprendre la relation. Malgré ses explications sur sa nouvelle situation, les deux hommes auraient insisté, allant jusqu’à proposer d’élever l’enfant à naître comme celui de l’ex-fiancé.
Pour obtenir son transfert hors du domicile, la victime raconte avoir simulé un malaise afin d’être conduite à l’hôpital. C’est sur place qu’elle aurait alerté le personnel médical, qui a ensuite informé les forces de l’ordre. Les deux mis en cause ont alors été interpellés.
À la suite des débats, la CRIET a rappelé que toute union ou relation forcée est contraire à la loi béninoise, soulignant l’importance du consentement libre dans toute relation conjugale. Selon Bip radio, la juridiction a également confirmé le mandat de dépôt des deux prévenus et renvoyé l’affaire au 27 août 2026 pour les réquisitions du ministère public.











