Reversement au Bénin : les AME fustigent à nouveau le retard et lancent un appel au gouvernement

En Conseil des Ministres du 7 décembre 2022, le gouvernement a décidé de reverser les Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) en Agent Contractuel de Droit..

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En Conseil des Ministres du 7 décembre 2022, le gouvernement a décidé de reverser les Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) en Agent Contractuel de Droit Public de l’État (ACDPE). Plus de deux ans après, la non application de cette décision, fortement applaudie en son temps, suscite la colère au sein du corps enseignant Béninois constitué à 80 % d’AME.

À travers une conférence de presse organisée mardi 22 juillet 2025 à la Bourse du Travail, les AME ont encore donné de la voix. L’initiative, portée par le CNAME, la PNDSAS-SN et de l’ANTC, était axée sur le thème : «Face au dilatoire qu’organise le gouvernement, mobilisons-nous et intensifions les actions pour le reversement de tous les AME sans condition en ACDPE». Dans une déclaration simple mais énergique, signé respectivement des Coordonnateurs Odilon DJOSSOU, Rodoine Mahoudéka MONTANH et Paterne Sylas GBEBODE, les AME exigent leur reversement sans conditions à travers la prise d’un décret avant la rentrée scolaire 2025-2026. Ils invitent le gouvernement à sortir des «discours creux» et à mener des actions concrètes en vue de «corriger l’injustice». «Nous sommes privés de beaucoup d’avantages liés à notre corporation (pas de prime de nuit, ni prime de rentrée, de gratification ou de rendement etc.). En d’autres termes, les AME qui constituent aujourd’hui la majorité des enseignants de la maternelle, du primaire et du secondaire participent aux journées nationales de réflexion des enseignants, mais sont écartés des primes liés à cette activité. Le gouvernement livre les AME du secondaire à un quota horaire hebdomadaire de 26 heures voire au-delà, en violation flagrante de l’article 3 de l’arrêté 069 du 27 novembre 2019, toujours en vigueur au Bénin. Beaucoup d’AME sont obligés de parcourir deux à trois collèges distants parfois d’environ 15 kilomètres avant de pouvoir réunir cette masse horaire un fardeau qui ruine progressivement leur santé. Plus d’une centaine en sont passés de vie à trépas. Les AME de la maternelle et du primaire sont exclus des corrections des examens du CEP de fin d’année alors que beaucoup parmi eux sont détenteurs du CAP et participaient à ces activités pendant qu’ils étaient encore dans les privés. Avec un mépris aigu, les autorités les empêchent de participer à la phase écrite des examens professionnels nationaux pour l’obtention des diplômes professionnels du CEAP et du CAP, alors que les enseignants des écoles privés y sont autorisés. Des centaines d’AME passent de vie à trépas, laissant leurs progénitures sans avantages», fustigent les coordonnateurs des trois organisations signataires de la déclaration. Pour ces derniers, en effet, «c’est inimaginable que depuis six ans, les Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) qui pourtant se sacrifient dans l’intérêt suprême de la nation continuent d’être «esclavagisés, marginalisés, traités comme des prestataires de services ou comme des robots». Ils brandissent les taux records de réussite aux examens nationaux (CEP 89,81%, BEPC 77,25% et BAC 73,02%), qui constituent des exemples palpables de l’immense contribution des AME au bien-être de l’école béninoise. «Le temps des discours creux est révolu ! Nous exigeons le reversement de tous les AME sans conditions à travers la prise d’un décret avant la rentrée scolaire 2025-2026», notifient les coordonnateurs à travers leur communiqué.

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