Dans une Afrique marquée, d’une part, par des revendications localisées, et d’autre part, par des contestations dans d’autres régions, les germes d’un affranchissement des peuples du néocolonialisme sont manifestes. Mais le Bénin doit-il rester en marge de cette dynamique dont l’objectif premier est le rejet total de la Françafrique ?
La question mérite d’être posée avec insistance. Pour rejoindre le train de la démocratie et s’aligner sur « cette civilisation des Africains » qui refusent désormais d’être conduits comme du bétail par le nouveau colon, 2026 apparaît comme le moment opportun. Ceci passera inévitablement par des choix crédibles et convaincants dans les urnes. Gabriel Ajavon demeure, au vu de son combat contre la Françafrique, combat qui éveille d’ailleurs d’autres acteurs comme Kemi Seba, un choix crédible. Lors de leurs récentes sorties médiatiques, les deux acteurs politiques engagés pour un souverainisme panafricain semblent partager les mêmes convictions pour une Afrique unie, prospère et maîtresse de son destin. En effet, dans une lettre ouverte, adressée au président Patrice Talon le 4 mars 2025, Gabriel Ajavon a été on ne peut plus clair. Pour le patriarche de la famille Ajavon, le Bénin, dès 2026, doit devenir un pays nouveau, réconcilié avec ses enfants : liberté pour les personnalités politiques emprisonnées et le retour de celles contraintes à l’exil pour diverses raisons. À dire vrai, selon le candidat malheureux à la présidentielle de 2016, le choix du futur dirigeant doit refléter l’aspiration profonde des 80 % de Béninois en lutte pour faire le deuil de la Françafrique, malgré la nostalgie tenace des 20 % restants. En d’autres termes, la vision que porte Gabriel Ajavon pour le Bénin à partir de 2026 rejoint celle de Kemi Seba, président de l’ONG Urgences Panafricanistes. D’ailleurs, le conseiller spécial du président de la transition nigérienne, Abdourahamane Tiani, semble puiser dans la pensée d’Ajavon. Dans une vidéo récente, devenue virale sur les réseaux sociaux, Kemi Seba adressait ce message au Président Patrice Talon et au peuple béninois : « Boni Yayi, comme le président Talon, est malheureusement partie prenante du système de la Françafrique. Donc il est évident qu’aucun de ces partis ne donnera de parrainage à ma personne ni à d’autres opposants. On est dans une situation similaire à celle de la Côte d’Ivoire », regrette-t-il. Puis il enchaîne : « Président, je vous parle comme un fils qui s’adresse à son père : vous avez réalisé certaines choses honorables sur le plan des infrastructures. Mais (…) vous devez libérer le peuple de la répression politique (…) vous avez commis des erreurs qui doivent être corrigées. Le code électoral m’empêche, moi ainsi que beaucoup d’autres, de me présenter à l’élection présidentielle de 2026 », déplore-t-il. Pour ceux qui ont lu la lettre de M. Gabriel Ajavon au chef de l’État, ces deux points de vue convergent vers une même cause. Les deux potentiels candidats partagent non seulement des points de vue similaires sur les questions qui ont fait le lit à la division interne que connaît le Bénin depuis quelques années, mais ils pourraient également cheminer ensemble. Il reviendrait alors au « petit frère », Kemi Seba de soutenir le « grand frère », Gabriel Ajavon, plus expérimenté et mieux préparé à affronter les charges inhérentes à une campagne électorale. À condition, bien sûr, que le jeu soit ouvert à tous. Ce qui passera par la modification du code électoral décrié par la plupart des acteurs politiques béninois. Pour rappelle, M. Ajavon est membre fondateur du parti la Flamme Renouvelée qui détient son récépissé mais il préfère aller à l’élection en indépendant.Présidentielle de 2026 : Kemi Seba et Gabriel Ajavon, même cause pour un Bénin prospère et uni ?
Dans une Afrique marquée, d’une part, par des revendications localisées, et d’autre part, par des contestations dans d’autres régions, les germes d’un affranchissement des peuples..
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