La Commission nationale de recensement des votes a donné Paul Biya vainqueur de la présidentielle du 12 octobre avec 53,66 % des suffrages. Mais son principal challenger, Issa Tchiroma Bakary, rejette ces résultats et affirme être arrivé en tête avec 60 % des voix.
Huit jours après le scrutin présidentiel du 12 octobre, la Commission nationale de recensement des votes du Cameroun a rendu public son verdict. D’après les chiffres officiels, le président sortant Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, aurait recueilli 53,66 % des suffrages, soit 2 474 179 voix. Ces résultats le placent largement en tête devant son principal adversaire, Issa Tchiroma Bakary, crédité d’un score compris entre 35 et 36 %. Mais cette proclamation n’a pas calmé les esprits. Au contraire, elle a ravivé les tensions. Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre de la Communication et désormais chef de file de l’opposition, conteste fermement le verdict officiel. Selon lui, les procès-verbaux collectés par son équipe lui attribuent une victoire « nette et incontestable » avec environ 60 % des voix. Dans une vidéo publiée dimanche sur les réseaux sociaux, le candidat s’est dit « ému » et a qualifié sa victoire de « sanction claire du régime en place et de plébiscite en faveur d’un changement immédiat ». « Notre victoire est claire. Elle doit être respectée », a martelé Issa Tchiroma, appelant le pouvoir à « accepter la vérité des urnes » sous peine de « plonger le pays dans un tourment ». Une déclaration jugée irresponsable par le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, qui a dénoncé dans un communiqué une « démarche conspirationniste et anti-républicaine », accusant le candidat de vouloir « mettre le Cameroun à feu et à sang ». Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, a pour sa part fustigé « un grotesque canular » et une « forfaiture inadmissible dans un État de droit », tout en affirmant attendre sereinement la confirmation du Conseil constitutionnel. Sur le terrain, la tension est palpable. Des renforts de sécurité ont été déployés dans plusieurs villes, notamment à Garoua, fief de Tchiroma, ainsi qu’à Douala et Yaoundé. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs localités pour dénoncer de supposées fraudes électorales. À Dschang, dans l’Ouest du pays, la permanence du RDPC a été incendiée lors d’affrontements entre partisans de l’opposition et forces de l’ordre. En attendant la décision du Conseil constitutionnel, le Cameroun retient son souffle. Si la victoire de Paul Biya est confirmée, le chef de l’État entamera un huitième mandat consécutif, qu’il pourrait achever à l’aube de ses cent ans. Mais à mesure que la contestation enfle, le pays s’enfonce dans une incertitude politique dont nul ne peut encore mesurer les conséquences.Présidentielle au Cameroun : Paul Biya donné vainqueur, Issa Tchiroma revendique la victoire
La Commission nationale de recensement des votes a donné Paul Biya vainqueur de la présidentielle du 12 octobre avec 53,66 % des suffrages. Mais son..
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