Au micro de RFI ce vendredi 31 octobre 2025, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a réfuté toute idée d’exclusion du parti Les Démocrates de la présidentielle à venir. Selon lui, la non-participation du parti d’opposition découle de ses propres dysfonctionnements internes et de son incapacité à remplir les conditions légales de parrainage prévues par la loi électorale.
Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a réagi ce vendredi 31 octobre 2025 sur RFI aux accusations d’exclusion du principal parti d’opposition, Les Démocrates, de la prochaine élection présidentielle. Pour lui, parler d’exclusion relève d’un abus de langage. « Toute élection obéit à des règles. Le parti qui satisfait aux conditions prévues par la loi est qualifié pour y prendre part. Celui qui ne le fait pas ne l’est pas. Il est donc exagéré de dire que la présidentielle se déroulerait sans opposition », a-t-il affirmé. Selon le porte-parole, l’absence du candidat des Démocrates résulte d’un défaut de parrainage, conséquence directe de la révision de la loi électorale en 2024, qui fixe désormais un seuil précis et interdit la transhumance politique. Le parti, dit-il, « disposait pourtant de tous les moyens pour se conformer à la loi ». Wilfried Léandre Houngbédji estime que les véritables causes de la non-participation des Démocrates sont internes. Il cite les déclarations du député Renaud Agbodjo et d’autres cadres du parti évoquant des « dysfonctionnements » et des « tensions de gouvernance ». « Le parti savait qu’il avait un nombre limité de parrains. Il lui revenait d’adapter sa gouvernance pour contenter toutes les tendances. C’est à ce niveau que les difficultés sont nées, pas ailleurs », a-t-il insisté. Le Porte-parole du Gouvernement rejette toute idée de manœuvre d’exclusion orchestrée par le pouvoir : « La loi a été relue en présence de la minorité parlementaire, dont les députés Les Démocrates. Si elle fixait un seuil plus élevé, on nous aurait accusés d’exclure. Le texte est équilibré et connu de tous ». Wilfried Léandre Houngbédji a replacé cette controverse dans le cadre des réformes politiques engagées depuis 2016, qui visent, selon lui, à « structurer la vie politique et faire émerger de grands partis nationaux capables de conquérir le pouvoir d’État ». « De 1990 à 2016, aucun parti n’a réussi à gouverner durablement. La balkanisation politique a fragilisé notre démocratie. Les réformes encouragent désormais la consolidation et la maturité des formations », a-t-il expliqué. Sans citer directement l’ancien président, Wilfried Léandre Houngbédji a laissé entendre que Boni Yayi n’assumait pas ses responsabilités dans la gestion du parti Les Démocrates : « Quand tout va bien, le mérite est pour lui. Quand ça va mal, c’est toujours la faute des autres. Le naturel revient toujours au galop », a-t-il ironisé. Pour finir , le porte-parole a rappelé que le président Patrice Talon, dont le mandat s’achève dans sept mois, « n’a aucun intérêt à écarter l’opposition ». « Pendant plus de neuf ans, il a affronté l’opposition la plus virulente. Il n’a pas peur du débat démocratique. Ce qu’il souhaite, c’est qu’après lui, la classe politique travaille à l’unité et au développement du pays ».















