A l’orée des 100 premiers jours de l’exercice du pouvoir d’Etat par le Président WadagnI , c’est à se demander où se situe réellement cette continuité dont les médias n’ ont eu de cesse de parler et d’envahir les esprits au risque de faire de l’ombre à la politique originale que déploie le Président Wadagni sur tous les fronts?
Au commencement était la désillusion de ne pas avoir une élection digne d’un pays démocratique en l’absence de participation de toute opposition crédible. Le seul parti la représentant et siégeant à l’assemblée nationale à ce titre avait manqué de satisfaire aux exigences du parrainage à une voix près, celle d’un de ses propres membres qui s’est fait prier en vain. S’en était alors suivi une phase de désagrégation. Le parti perdit les élections législatives et, conséquemment sa place dans l’hémicycle. Le chef du parti lui même démissionna de son poste laissant les militants aller se repositionner là où bon leur semblait. Face à ce tableau peu reluisant de l’opposition un candidat solidement soutenu non seulement par le Président sortant mais aussi par les deux partis que ce dernier a activement contribué à créer et désormais seuls occupants de l’hémicycle, apparaissait un candidat en situation de force. Le paysage politique était ainsi dessiné quand survint la victoire limpide, il faut bien le reconnaître, du Président Wadagni à laquelle s’attendait la grande majorité du peuple.
LE SENTIMENT DE CONTINUITÉ
Nous devrions convenir que le discours de la continuité que nous tenons affert surtout à l’assurance de la poursuite et de la permanence des réformes engagées par le régime précèdent , l’assurance de la stabilité des institutions et peut être aussi celle de la poursuite de la paix sociale.
Elle renvoie également à la manière dont s’est faite la transmission du pouvoir d’Etat empreinte qu’elle était de fluidité, de simplicité et j’allais dire de complicité tout à la fois. A cela rien de plus normal. Le Président Wadagni a travaillé pendant 10 ans sans discontinuer avec son prédécesseur au poste le plus stratégique du gouvernement avec rang de ministre d’Etat. Il connait parfaitement tous les dossiers et en a la maîtrise. Il est visiblement à l’aise et ne donne d’aucune manière, l’impression qu’il devra passer un temps d’apprentissage à la Marina. Ce sont toutes ces considérations qui nourrissent et font prévaloir le sentiment de continuité dans l’opinion publique.
Mais alors que ce sentiment s‘installait dans les esprits, le Président Wadagni avait déjà franchi cette étape et mis en branle sa nouvelle dynamique affichant l’aisance de celui qui prend les rênes du pouvoir avec dans sa valise des solutions aux problèmes qui se posent à la nation
AFFIRMATION D’UNE DYNAMIQUE NOUVELLE AU PLAN INTERNE
Les rideaux venaient à peine de tomber sur les cérémonies de son investiture que le Président WadagnI nous a dévoilé son équipe gouvernementale, que la passation de service entre les 24 ministres a eu lieu ainsi que les nominations aux postes les plus importants pour le fonctionnement de l’Etat . La première rencontre avec les ministres lui a donné l’occasion de signifier fermement aux ministres ce qu’il attend d’eux en leur exposant les grandes orientations de sa politique et en les mettant devant leurs responsabilités leur demandant l’honnêteté, la sobriété et la solidarité. Le poste de ministre n’est ni un privilège ni une récompense politique ni une sinécure leur a t-il dit. C’était aussi l’occasion d’annoncer que le Conseil des ministres se tiendra désormais une fois par mois laissant l’espace intermédiaire au comité interministériel qui se réunira deux fois par mois et aux conseils de cabinets sectoriels. Puis il a nommé les préfets et les ministres conseillers près la présidence de la république. L’essentiel de l’architecture institutionnelle pour assurer la gestion des affaires publiques était ainsi constitué en moins de dix jours. C’est dire la détermination et la dynamique d’un chef d’Etat ayant eu le temps d’observer le fonctionnement de l’appareil étatique, de repérer ses forces et ses faiblesses pendant dix bonnes années et d’en tirer les enseignements qui conviennent . Et , soit dit en passant , c’est le genre de transfert du pouvoir étatique bénéfique pour les pays en développement n’eut été le principe de l’alternance Indicateur clé de la vitalité de la démocratie, il faut bien le reconnaître.
En sa qualité d’ancien ministre des finances, le Président WadagnI a œuvré en vue de l’ augmentation de la croissance et du relèvement du produit intérieur brut . En tant que Président de la république, il sait et insiste sur le fait que cette avancée de l’économie n’acquiert tout son sens que si elle se traduit en termes de bien-être social et de consistance du panier de la ménagère; aussi s’est-il engagé dans une nouvelle dynamique pour qu’il en soit ainsi.
NOUVELLE DYNAMIQUE DE RAPPROCHEMENT SUR LE PLAN EXTÉRIEUR
La percée diplomatique du Président WadagnI mérite que l’on s’y attarde quelque peu.
Le premier fait remarquable, c’est qu’il ne s’est pas précipité dans les capitales occidentales. Il a opté pour une diplomatie de proximité d’autant que nous y avons tout intérêt. Notre frontière est toujours fermée avec le Niger et notre pays est en proie aux attaques jihafistes dans sa partie septentrionale . Cette situation affecte également le Niger, le Burkina faso et le Togo.
Après sa première visite officielle qui s’imposait au Nigéria en tant que principal partenaire économique et commercial de nôtre pays, le chef de l’Etat a dans la même tournée , mis le cap sur le Niger, le Burkina Faso et le Togo avec un point d’orgue a Niamey en raison précisément de la question pendante de la fermeture de nos frontières terrestres. La visite a donné des résultats encourageants et un comité mixte ad hoc a été créé pour étudier les derniers obstacles à l’ouverture des frontières. Il devra remettre son rapport aux chefs d’Etat dans les 15 jours qui suivront sa mise sur pied. Il est de notre opinion qu’en dernière analyse cette diplomatie de voisinage qu’a décidé de mener le Président WadagnI cumule deux avantages à savoir rouvrir nos frontières avec le Niger et éviter l’encerclement et l’isolement de notre pays. Il faut bien dire que depuis nos difficultés avec le Niger notre voisin de l’ouest n’a pas cessé de tirer les marrons du feu, cherchant à affaiblir délibérément notre économie en ne manquant aucune occasion de se rapprocher de l’AES, visant ainsi l’isolement de notre pays . Faire une visite aux deux pays de l’AES les plus impliqués dans la situation de fermeture de nos frontières en même temps que le voisin de l’ouest désarçonne cette stratégie de façon pacifique ;et
il y a lieu d’en féliciter le chef de l’Etat. En tout état de cause, le périple du President Wadagni renforce l’ancrage régional du Bénin et traduit sa recherche du dialogue dans un contexte géopolitique en pleine mutation.
Par Candide Ahouansou















