Parrainage au Bénin : une dérogation spéciale au président sortant et son vp pour rempiler (nouvelle constitution)

La nouvelle Constitution, promulguée le 17 décembre 2025 par le président Patrice Talon, introduit l’exigence de parrainage pour les candidats à la présidentielle. Mais l’article..

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La nouvelle Constitution, promulguée le 17 décembre 2025 par le président Patrice Talon, introduit l’exigence de parrainage pour les candidats à la présidentielle. Mais l’article 44 prévoit une dérogation qui attire l’attention. En effet, selon le texte, le président sortant et son colistier pourront se présenter sans devoir réunir les 28 parrainages exigés par le Code électoral.

La réforme constitutionnelle adoptée par les députés béninois et entérinée par le chef de l’État Patrice Talon redéfinit le paysage politique national. Désormais, tout candidat à la magistrature suprême doit satisfaire à un ensemble de conditions strictes inscrites à l’article 44. Elles vont de la nationalité béninoise aux exigences physiques et mentales, en passant par la tranche d’âge obligatoire ou encore la probité morale. Mais si ces exigences restent communes à tous, un élément distingue clairement les candidats. Il s’agit de l’obligation de parrainage. Le nouveau Code électoral impose en effet à chaque duo présidentiel la mobilisation de 28 parrainages d’élus, un verrou institutionnel présenté comme un moyen d’éviter les candidatures fantaisistes et de renforcer la crédibilité du scrutin. Toutefois, l’article 44 de la nouvelle Constitution promulguée par Patrice Talon le mercredi 17 décembre 2025, introduit une exception non négligeable. En effet, le texte précise que le président de la République en exercice, s’il se porte candidat, ainsi que son colistier, n’auront pas à se soumettre au parrainage. « Nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République ou de vice-président de la République s’il…n’est dûment parrainé par des élus dans les conditions et suivant les modalités fixées par la loi. Toutefois, le président de la République en exercice candidat et son colistier n’en sont pas tenus », peut-on lire à l’article 44 de la Constitution. Une exemption qui, pourrait être perçue comme un avantage au duo sortant, déjà favorisé par la maîtrise de l’appareil d’État et l’assise institutionnelle. Cette particularité constitutionnelle intervient alors que le mécanisme du parrainage révèle déjà des failles sur le terrain. La candidature du duo Agbodjo-Lodjou, représentant le principal parti d’opposition Les Démocrates, avait été invalidée faute de parrainages suffisants. Le retrait inattendu du député Michel Sodjinou a réduit leur total à 27 contrairement à 28 fiches exigées. Conséquence, la candidature du Duo a été invalidée.

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