Ousmane Batoko, ancien président de la Cour suprême, s’est récemment exprimé sur l’affaire dite de « tentative de coup d’État déjouée » et a partagé ses profondes préoccupations concernant la situation politique actuelle du Bénin.
Cet ancien ministre sous le régime du président Mathieu Kérékou a livré un témoignage poignant lors d’une interview sur la chaîne privée Eden TV, à propos de ce dossier qui a secoué la scène politique béninoise ces dernières semaines. « Je suis revenu de l’étranger il y a à peine 48 heures. J’ai pleuré pour notre pays. Le Bénin que nous avons connu, et qu’on en arrive à cette situation aujourd’hui, c’est ce qui m’a fait pleurer », a-t-il déclaré. Ce qui surprend le plus Ousmane Batoko est l’implication présumée d’Olivier Boko et d’Oswald Homeky dans cette affaire. « Je ne comprends pas que des personnes aussi intelligentes qu’Olivier Boko et Oswald Homeky puissent imaginer, ne serait-ce qu’un instant, qu’elles organiseront un coup d’État pour confier la transition à quelqu’un d’autre. Ce n’est pas possible. Je refuse de croire à une telle immaturité de leur part. C’est inconcevable », a-t-il affirmé. Batoko s’est également exprimé sur les motivations potentielles de certains chefs militaires à travers le monde. « Dans toutes les forces armées, il y a toujours des militaires en quête de reconnaissance, qui n’ont pas eu l’opportunité de réaliser des faits d’armes remarquables. Certains cherchent à se distinguer pour obtenir des promotions. Est-ce que cette quête de gloire a pu conduire certains à participer à une telle entreprise ? Je ne saurais le dire. Cependant, je ne peux pas imaginer qu’Oswald Homeky, et encore moins Olivier Boko, soient impliqués dans une telle immaturité politique », a-t-il insisté. Selon le procureur spécial près la CRIET, Mario METONOU, le commandant de la Garde républicaine, Dieudonné Tévoèdjrè aurait été sollicité par Oswald Homeky, pour lui-même et pour le compte d’Olivier Boko, afin de perpétrer un coup d’État le 27 septembre 2024. Ousmane Batoko a également exprimé des inquiétudes quant à l’avenir du pays jusqu’en 2026, qu’il juge « pollué » et « compromis ». Interrogé sur les solutions à apporter, le septuagénaire appelle à une révision du cadre législatif. « Il faut revoir le code pour l’assouplir. J’ai toujours dit qu’il faut laisser respirer la démocratie. La démocratie béninoise ne respire pas aujourd’hui. Au vu des événements que nous traversons, le pays suffoque. Personne ne respire. Pour ceux qui, comme moi, se soucient de l’avenir immédiat ou à long terme du pays, nous étouffons. Moi, je ne respire pas », a-t-il confié. Ces propos révèlent l’angoisse d’un homme profondément préoccupé par l’avenir du Bénin, voyant dans cette affaire de coup d’État le symptôme d’un malaise plus profond du système politique national.















