Opinion : Apprendre à faire sa révolution…seul

J’ai suivi de près, depuis jeudi, le nouveau dossier politico – judiciaire qui s’est ouvert autour du récépissé définitif d’existence du parti Le Libéral. Dois – je dire que je suis surpris ? Non ! Plutôt impressionné par cette capacité des Béninois à pouvoir renier le plus rapidement celui ou celle qu’ils avaient pourtant en…

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J’ai suivi de près, depuis jeudi, le nouveau dossier politico – judiciaire qui s’est ouvert autour du récépissé définitif d’existence du parti Le Libéral. Dois – je dire que je suis surpris ? Non ! Plutôt impressionné par cette capacité des Béninois à pouvoir renier le plus rapidement celui ou celle qu’ils avaient pourtant en admiration quelques instants plus tôt. Quand il a commencé son affaire, certains s’étaient montrés au départ sceptiques. D’autres l’ont trouvé plutôt courageux. D’autres encore y ont vu, peut-être à tort ou à raison, un autre « pion » du pouvoir qui se cherche un dauphin. Pourquoi pas ? Sa facilité à dire certaines choses, à aller et venir et surtout à s’annoncer par rapport aux échéances de 2026 ont souscrit à cette thèse. En plus, il dépensait bien….dans la communication…et sur le terrain. Ces deux derniers points ont attiré vers lui, du beau monde : jeunes en quête d’espérance politique, journalistes et médias à l’affût de contenus…et de sous…hommes et femmes qui voulaient se projeter après 2026. En ce moment là, il avait eu toutes les analyses et tous les articles en sa faveur…Puis, vint le jeudi 15 mai 2025 ! Depuis lors, les mêmes qui l’avaient trouvé si audacieux, si intelligent, si réfléchi et si stratège ont tourné casaque. Ses scènes auto – filmées buvant du akpan dans la rue ou se payant un plat de voandzou avec trois œufs sont devenues sujets à railleries. Les mêmes qui l’ont adoubé appellent à sa déchéance. Il ne faut pas projeter une révolution en comptant sur les autres. Le message est clair. Le temps où douze apôtres pouvaient mourir pour la prospérité du message du Messie est révolu. Avant lui, bien d’autres leaders qui se sont retrouvés seuls, face à leurs destins, que ce soit en exil, dans le maquis ou dans leur cellule, à remonter le temps. Le militantisme et l’engagement sont devenus des denrées aussi rares qu’ils apparaissent même bêtes. La félonie et l’opportunisme, les clés de succès en pleine promotion. Je ne veux pas parler de l’acte de corruption. C’est un autre débat. Je veux juste saluer ceux qui peuvent, après avoir profité des situations et des gens, dormir du sommeil du juste en abandonnant ceux qui les ont aidés à leur triste sort de l’heure. Comme si de rien n’était. Je veux admirer cette propension de plus en plus prononcée des gens à danser sur des cadavres, se réjouir de la chute de l’autre, plutôt que de porter un coup de main à le relever, ou tout au moins à passer son chemin le plus tranquillement possible. Il y a quelque chose qui ne va pas. Et ça n’a rien à voir avec la politique. Dr Tanguy Agoï

 

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