La junte militaire au pouvoir au Niger, dirigée par le Général Abdourahmane Tiani, est indignée suite à la résolution du Parlement européen exigeant la libération de l’ex-président Mohamed Bazoum. Quelques heures après l’adoption de cette résolution, Niamey a convoqué la chargée d’affaires de l’UE au Niger (DUE) pour lui exprimer son mécontentement.
La chargée d’affaires par intérim de la délégation de l’Union européenne au Niger Nicoletta Avella, était, jeudi soir, au cabinet du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’Extérieur, Bakary Yaou Sangaré. L’objet de cette convocation de Nicoletta Avella, est de lui notifier « l’indignation du Gouvernement nigérien », suite à la résolution du Parlement européen sur la situation de l’ex-président du Niger Mohamed Bazoum. À l’issue de l’audience, une lettre officielle de protestation a été remise à Mme Avella, dans laquelle Niamey « condamne fermement l’ingérence de l’UE » dans les affaires intérieures du Niger. Les autorités nigériennes ont aussi tenu à dénoncer « cette attitude paternaliste et condescendante de l’UE », tout en exprimant leur détermination à n’accepter « aucune injonction d’où qu’elle vienne ». En effet, renversé par un coup d’État militaire le 26 juillet 2023, Mohamed Bazoum est depuis retenu avec son épouse à la résidence présidentielle à Niamey, alors que son procès annoncé par les autorités n’a toujours pas débuté. Le texte, adopté à la quasi-unanimité des députés européens avec 524 voix pour, 2 contre, 29 abstentions, condamne fermement la « détention arbitraire » de l’ex-chef de l’État, au pouvoir d’avril 2021 à juillet 2023, et de son épouse. Une décision qui a été saluée par ses soutiens et le Collectif international des amis de Bazoum Mohamed, mais qui risque d’envenimer davantage les relations entre Bruxelles et Niamey. Dans le texte de la résolution, il est rappelé que le Niger est dirigé depuis le coup d’État du général Abdourahamane Tiani, à la tête du CNSP, mais Mohamed Bazoum a toujours refusé de démissionner. Son mandat arrivera à échéance le 2 avril. « Ne pas obtenir sa libération avant cette date constituerait un échec grave », avait plaidé, mercredi soir en séance plénière, l’eurodéputé français Christophe Gomart, du groupe PPE, à l’initiative du texte, estimant qu’il s’agissait pour cela d’une « résolution d’urgence ». Par ailleurs, le texte rappelle que l’immunité présidentielle de Mohamed Bazoum a été levée en 2024 par la justice nigérienne, et que les autorités militaires au pouvoir ont assuré le poursuivre pour « haute trahison, ce qui peut entraîner la peine de mort », comme l’ont mis en garde à plusieurs reprises ses avocats. À travers cette résolution, les députés européens « exigent » donc la libération immédiate et inconditionnelle du couple présidentiel, sur lequel « aucune information vérifiable n’a été rendue publique depuis plus d’un an ». Le parlement européen rappelle en outre que ce dernier n’aurait ni accès à un avocat, ni aux visites familiales, et ne recevrait que des soins médicaux limités. Selon le rapport des initiateurs de la résolution, le président Bazoum, démocratiquement élu, a été « le principal partenaire des forces européennes au Sahel, contribuant à la lutte contre le terrorisme islamiste, contre le trafic d’armes, contre le trafic d’êtres humains et à la stabilité régionale ». De ce fait, «Nous ne pouvons rester plus longtemps silencieux alors qu’un allié clé de l’Europe est emprisonné », tranchent les parlementaires.Niger : la junte convoque la chargée d’affaires de l’UE après la résolution « exigeant » la libération de Mohamed Bazoum
La junte militaire au pouvoir au Niger, dirigée par le Général Abdourahmane Tiani, est indignée suite à la résolution du Parlement européen exigeant la libération..
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