Niamey : de troublantes révélations après la tentative de mutinerie

A Niamey, les langues se délient après la tentative de coup manqué du 29 août 2026. Alors que les autorités parlaient plus tôt d’un simple « mouvement d’humeur au sein de l’armée », un nouveau récit officiel vient compliquer la lecture des faits. Dans la nuit du 28 au 29 août 2026, des tirs ont…

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Abdourahamane Tiani président du Niger

A Niamey, les langues se délient après la tentative de coup manqué du 29 août 2026. Alors que les autorités parlaient plus tôt d’un simple « mouvement d’humeur au sein de l’armée », un nouveau récit officiel vient compliquer la lecture des faits.

Dans la nuit du 28 au 29 août 2026, des tirs ont retenti près de la base aérienne 101 de Niamey, un site stratégique qui abrite un stock d’oxyde d’uranium. Le lendemain, le ministère de la Défense a présenté l’incident comme un « mouvement d’humeur » interne, sans évoquer l’aéroport ni la présidence. Peu après, une dizaine de jeunes militaires, présentés comme les présumés auteurs du coup, ont été arrêtés.

Le mardi 1er septembre, le capitaine Roger Gabriel, commandant de compagnie au 1er Bataillon parachutiste du camp Bagadaji, est intervenu à la télévision nationale RTN. Il affirme ne pas avoir participé aux évènements et dit avoir reçu pour mission de sécuriser son camp puis le deuxième pont de Niamey.

C’est après, selon lui, qu’il a été approché. Le capitaine rapporte avoir reçu des appels et messages présentés comme des marques de soutien aux militaires retranchés à la base 101. Il cite nommément un officier tchadien, le colonel Hassan Adoum, qu’il dit avoir eu deux fois au téléphone. D’après son récit, ce dernier aurait évoqué une possible intervention conduite depuis le Tchad avec l’appui de forces spéciales françaises.

Le même officier mentionne également des appels manqués en provenance de France, de Dubaï et de Belgique, ainsi que des messages évoquant une disponibilité des « partenaires français ». Il ajoute avoir été contacté par des proches de l’ex-président Mohamed Bazoum qui auraient fait référence à une cellule de crise au Bénin et à un accord de la CEDEAO.

Le capitaine assure avoir refusé ces sollicitations et s’être tenu à ses consignes.

Face à ces révélations graves, le Tchad a rapidement réagi. Des sources militaires citées par Alwihda Info rejettent les accusations. Le président Mahamat Idriss Déby a appelé à ne pas confondre rumeurs et faits. De leur côté, les autres nations indexées n’ont toujours pas réagi.

Cette nouvelle accusation de Niamey, intervient dans un contexte où  les militaires se méfient vis-à-vis des puissances occidentales, notamment la France qu’ils accusent de vouloir déstabiliser le territoire nigérien.

Parallèlement, le pays entretient une relation tendue avec le Bénin depuis 2023. Toutefois, l’arrivée du président Romuald Wadagni avait laissé entrevoir une détente. Il s’était engagé dans des démarches diplomatiques pour normaliser la coopération entre Cotonou et Niamey. L’un des dossiers prioritaires portait sur la réouverture de la frontière terrestre, une mesure que les autorités militaires nigériennes subordonnaient à des conditions strictes.

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