Me Sadikou Alao sur la crise Bénin-Niger: il faut «éviter la diplomatie spectacle »

Le Bénin traverse une période difficile, due à la cherté de la vie mais aussi et surtout à l’effritement de ses relations avec le Niger, voisin. À l’instar de plusieurs analystes politiques, le président de l’ONG Groupe de recherche sur la démocratie et de développement socio-économique en Afrique (Gardes-Afrique), Me Sadikou Alao a donné sa…

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Le Bénin traverse une période difficile, due à la cherté de la vie mais aussi et surtout à l’effritement de ses relations avec le Niger, voisin. À l’instar de plusieurs analystes politiques, le président de l’ONG Groupe de recherche sur la démocratie et de développement socio-économique en Afrique (Gardes-Afrique), Me Sadikou Alao a donné sa lecture de cette crise qui dure bientôt un ans.

Dans son analyse sur la chaîne Esae-Tv, Me Sadikou Alao est réparti à l’origine de la crise entre le Bénin et le Niger. Laquelle, motivée par le coup d’État du 26 juillet, a entraîné des sanctions venant de la Cedeao. Il fait remarquer qu’ici, le Bénin a adopté une position qui ne lui a pas du tout rendu service. Bien sûr, le Bénin n’est pas plus fautif que le Nigéria. Cependant, il a manqué de ce qu’il a fallu à certains pays. Sinon comment comprendre que «nous n’avons pas commis plus de péchés que les dirigeants du Nigeria. Mais ils sont mieux traités que les béninois par rapport à la fermeture des frontières», s’interroge Sadikou Alao. Sur ce point, l’homme de droit conclut que «nous avons des ratés qu’il faut rattraper ». Évoquant la question du pipeline, Me Sadikou a fait savoir que le choix du Bénin pour le transit du pétrole nigérien était une aubaine. Car cela avait été contesté par l’ancien président nigérian, Buhari. Mais «le Bénin a profité de la faveur très importante du pipeline mais l’a mal géré», parce-que ayant pris «le premier cheval » après les sanctions drastiques prononcées par la Cedeao. Lire aussi: [Dialogue:la crise entre le Bénin et le Niger au cœur d’une rencontre entre Boni Yayi et Nicéphore Soglo)>https://www.linvestigateur.info/?Dialogue-la-crise-entre-le-Benin-et-le-Niger-au-coeur-d-une-rencontre-entre&var_mode=calcul] Soulignant par ailleurs des erreurs diplomatiques du côté du Bénin, dans le règlement du conflit, le président de Gardes-Afrique indique que «quand l’émissaire du Bénin veut rencontrer le président du Niger, ce n’est pas sur la place publique que ça se dit». Pour lui, il faut «éviter la diplomatie spectacle ». En vue d’un retour à l’ordre normal des choses, l’homme de droit pense que la société civile béninoise à un rôle à jouer, comme ça a été le cas au Nigeria. Seulement, au Bénin, la société civile est dans un coma profond depuis l’avènement en 2016 du régime de la rupture, a-t-il noté.

 

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