L’affaire rocambolesque de la « mafia foncière » dans la commune de Bohicon, située dans le département du Zou, continue de se dérouler comme un véritable feuilleton. Hier, comme l’a rapporté L’Investigateur, plusieurs personnes ont été auditionnées à la Brigade Économique et Financière (BEF) avec des issues variées.
À l’issue des auditions, selon une source proche du dossier, plusieurs personnes mises en cause ont été placées en garde à vue, notamment un chef de service et d’autres suspects. Un adjoint au maire a, quant à lui, été auditionné et placé sous convocation. Les premières personnes présumées impliquées, arrêtées dès l’éclatement de l’affaire, devraient être déférées ce mardi 10 septembre. Après huit jours de garde à vue, conformément à la loi, elles doivent être déférées c’est-à-dire transportées par l’officier de police judiciaire au parquet où ces suspects seront présentés au procureur près la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (Criet). Près d’une vingtaine de personnes sont suspectées dans cette affaire, et une douzaine seraient déférées ce mardi. Surnommée « Dossier de la République », cette affaire est une vaste escroquerie orchestrée sous la couverture de personnalités influentes. Elle consiste en la vente de réserves administratives morcelées sous des prête-noms dans la commune de Bohicon. Un acteur clé de cette fraude est le beau-frère d’un ex responsable des affaires domaniales, au cœur d’une opération de vente illégale de terrains publics. Parmi ces terrains, on trouve un terrain de sport, un centre de loisirs pour jeunes, et d’autres réserves administratives, le tout orchestré par des faussaires sous la protection présumée de certaines autorités locales. Les localités concernées par ces irrégularités incluent Vêhou, Alikpa (dans l’arrondissement de Sodohomey), et Agbangon à Bohicon. Les opérations de lotissement et de recasement dans ces zones semblent entachées de nombreuses illégalités. Plus grave encore, certaines réserves administratives ont été morcelées et vendues à des tiers. Une perquisition de la BEF via son antenne régionale a permis de découvrir des objets douteux au domicile d’un suspect, au cœur de cette mafia. Entre autres, des classeurs, des conventions signées à blanc par d’anciens responsables de la mairie, des cachets des autorités locales, des timbres falsifiés etc. Lire aussi: [Affaire mafia foncière à Bohicon : 07 personnes auditionnées par la BEF ce lundi)>https://www.linvestigateur.info/?Affaire-mafia-fonciere-a-Bohicon-07-personnes-auditionnees-par-la-BEF-ce-lundi&var_mode=calcul] Étaient attendus hier à la Criet un ancien Chef d’Arrondissement, un adjoint au maire, un expert-géomètre, ainsi qu’un ancien Chef de Service des Affaires Domaniales sans oublier plusieurs agents de la mairie de Bohicon. De nombreux avocats se sont déjà constitués pour cette affaire et attendent à la Criet. Autrefois, la mafia foncière parvenait à réduire au silence les victimes grâce à une corruption active présumée. Aujourd’hui, cependant, les victimes, autrefois impuissantes face à ce réseau, se mobilisent et envisagent de se constituer partie civile devant le juge. Affaire à suivre …















