La ville d’Antananarivo est ébranlée depuis quelques jours par une affaire de viol présumé, impliquant la chanteuse Meizah. La vidéo du viol en date de septembre 2022 et publiée le 14 mars dernier, a suscité une vague de réactions sur les réseaux sociaux malgaches.
En effet, la publication de la vidéo intervient après que la chanteuse a refusé de se soumettre aux chantages des détenteurs, qui menaçaient de la mettre en ligne. Mais depuis la diffusion de la vidéo, des milliers de commentaires ont alimenté la culpabilisation de la victime, qui est critiquée pour son état d’ébriété et son style vestimentaire qualifié de « provocateur ». Pour certains internautes, l’agression aurait pu être évitée de justesse si l’artiste avait un peu de retenue dans sa manière de s’habiller. Des commentaires auxquels Meizah répond sur RFI, en ces termes : « Les gens me voient comme une artiste qui a des tatouages, qui est un peu explicite dans ses clips et ses chansons. Mais je n’étais même pas capable de dire non, je n’étais même pas capable de bouger. Sans le consentement, personne n’a le droit d’abuser de qui que ce soit », rappelle la chanteuse qui a déjà déposé plusieurs plaintes pour viol, chantage et diffamation en ligne. Au regard de l’ampleur que prend l’affaire sur les réseaux sociaux, le ministère de la Communication malgache a réagi dans un communiqué en date du 18 mars. Il rappelle que le simple partage de cette vidéo est illégal et passible d’une amende de 6 millions d’ariary, soit environ 1180 euros. Pour rappel, les faits relatifs à l’agression sexuelle de Meizah remontent à septembre 2022. À ce moment, l’artiste âgée de 31 ans sortait complètement ivre d’un bar karaoké dans le quartier populaire des 67 hectares à Antananarivo. Elle est alors filmée, visiblement inconsciente, dans une voiture, et violée par deux hommes. Sans souvenirs de la soirée, elle apprend des mois plus tard qu’elle a été agressée sexuellement, et en reçoit la vidéo d’une personne anonyme.















