Madagascar : l’ancien président Andry Rajoelina déchu de sa nationalité malgache

Un décret signé par le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo, publié le 24 octobre au Journal officiel, acte la perte de la nationalité malgache d’Andry Rajoelina…

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Un décret signé par le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo, publié le 24 octobre au Journal officiel, acte la perte de la nationalité malgache d’Andry Rajoelina. La décision est fondée sur son acquisition de la nationalité française en 2014.

À Madagascar, le nouveau pouvoir poursuit son offensive contre les anciens dirigeants. Le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo a signé un décret déclarant la perte de la nationalité malgache de l’ancien président Andry Rajoelina. Ce texte, rendu public dans le Journal officiel du 24 octobre, s’appuie sur l’article 42 du Code de la nationalité, qui stipule que « Perd la nationalité malgache, le Malgache qui acquiert volontairement une nationalité étrangère ». Le décret mentionne que l’ancien chef de l’État a acquis la nationalité française en 2014, un fait qui avait déjà suscité de vives polémiques lors de la présidentielle de 2018. À l’époque, plusieurs candidats de l’opposition avaient dénoncé une violation de la Constitution et réclamé sa disqualification, sans succès. La Haute Cour constitutionnelle avait validé sa candidature, lui ouvrant la voie à un second mandat. La décision du gouvernement Rajaonarivelo suscite aujourd’hui la colère des proches de l’ex-président. L’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Marie Michelle Sahondrarimalala, a dénoncé sur les réseaux sociaux une « violation manifeste des textes », estimant que « le Premier ministre n’est pas habilité à signer un décret relatif à la nationalité, qui relève du président de la République ». Cette mesure intervient dans un climat politique explosif depuis les manifestations du 25 septembre dernier, menées par la jeunesse dite « Gen Z », qui ont abouti à la chute du régime Rajoelina. Depuis la prise de pouvoir du colonel Michaël Randrianirina, officiellement investi président de la Refondation de la République le 17 octobre, plusieurs actions ciblent les anciens dignitaires : perquisitions, saisies et enquêtes administratives se multiplient.

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