Reporters Sans Frontières (RSF), l’ONG de défense des droits des journalistes, a publié un nouveau rapport sur la situation générale de la presse dans le monde. Selon le document, la liberté de presse a considérablement reculé au Bénin en 2025, laissant place à des atteintes répétées à l’exercice du journalisme
C’est un rapport accablant qui vient complètement remettre en cause le fonctionnement actuel de l’espace audiovisuel public et privé au Bénin. Selon Reporters Sans Frontières, au moins sept journalistes ont été arrêtés dans le nord-ouest du Bénin entre 2022 et 2023. Dans le même temps, d’autres sont convoqués devant la Cour de repression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), juste pour avoir exercé leur droit d’accès à l’information. Le rapport met principalement l’accent sur l’emprise du pouvoir politique sur les médias publics et privés au Bénin, suspendus à la moindre critique. Le cas de la SRTB, ex-ORTB est pris en exemple. «L’ORTB est contrainte de relayer la communication du régime : un comité éditorial composé de membres issus du gouvernement vérifie en amont les reportages du journal télévisé. Les médias proches de l’opposition sont, eux, soumis à de fortes pressions. Nombre d’entre eux s’abstiennent de critiquer ouvertement le gouvernement afin d’éviter des sanctions de la HAAC, qui va parfois jusqu’à suspendre les médias privés donnant la parole à l’opposition.Les autorités influencent également le traitement de l’information au travers de contrats dits de partenariat, qui permettent aux médias d’être rémunérés pour couvrir les activités du gouvernement. Des notes de cadrage indiquent aux rédactions les angles à privilégier», précise le document. Reporters Sans Frontières dénonce, par ailleurs, le non-respect du cadre légal en vigueur, qui garantit pourtant la liberté de presse aux professionnels de presse. «Depuis 2018, le Code du numérique est utilisé pour condamner ceux qui exercent en ligne, notamment via l’accusation de « diffusion par voie électronique de fausses informations affectant la tranquillité publique et complicité de diffusion » ». Cette situation n’est pas sans conséquence sur la vie des journalistes, qui sont confrontés à la «misère». «Le gouvernement utilise régulièrement son pouvoir sur l’attribution des contrats publicitaires pour en priver certains médias critiques. Si une convention collective est entrée en vigueur en 2017, elle n’est pas respectée et les journalistes vivent dans la précarité, ce qui les expose à la corruption et sape leur indépendance. En janvier 2023, le président Patrice Talon a confié à la HAAC la mission de proposer une réforme du secteur pour améliorer les conditions de vie des journalistes, qui n’a toutefois toujours pas vu le jour», indique le rapport. En somme, le nouveau rapport de l’ONG de défense des droits des journalistes, note un recul de la liberté de presse au Bénin au cours de ces dernières années, principalement sous le régime du président Patrice Talon. De sorte que, le Bénin est désormais classé à la 92 ème place sur le plan mondial en 2025, alors qu’il occupait la 89 ème position en 2024, en matière de liberté de presse dans le monde.















