Kemi Seba : le panafricaniste revient sur son arrestation au Congo Brazza et fait une promesse ferme

Comme promis, l’activiste béninois, Gilles Stellio Robert Capo-Chichi, alias Kémi Séba, est revenu sur sa dernière arrestation au Congo Brazzaville. Dans une vidéo publiée ce mercredi, sur son compte Facebook, le président de « Urgences panafricanistes » dénonce une manœuvre du régime en place et réitère son engagement à poursuivre le combat pour la libération…

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Comme promis, l’activiste béninois, Gilles Stellio Robert Capo-Chichi, alias Kémi Séba, est revenu sur sa dernière arrestation au Congo Brazzaville. Dans une vidéo publiée ce mercredi, sur son compte Facebook, le président de « Urgences panafricanistes » dénonce une manœuvre du régime en place et réitère son engagement à poursuivre le combat pour la libération de l’Afrique, du joug de la monnaie du franc CFA.

En effet, Kémi Séba a été arrêté le mardi 1ᵉʳ avril 2025, avec des membres de son ONG, alors qu’il s’apprêtait à donner une conférence sur le franc CFA, une monnaie utilisée par la majorité des pays d’Afrique de l’Ouest et qui, selon lui, ne favorise pas leur développement. Libéré après quelques heures d’interrogatoire par les services secrets du gouvernement congolais, l’activiste avait enregistré une vidéo à bord d’un véhicule, au moment où il quittait le territoire congolais. À cette occasion, il a remercié le président Denis Sassou Nguesso d’avoir, en le renvoyant du pays, contribué à faire entendre plus largement son message sur la nécessité d’abolir le franc CFA. « 50 % des réserves de change » Dans sa nouvelle vidéo diffusée ce mercredi, Kémi Séba est revenu sur les raisons qui motivent son acharnement contre cette « monnaie coloniale ». « Auparavant, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest reversait 50 % des réserves de change sur un compte appelé compte d’opérations de la Banque de France. Mais suite à nos mobilisations, ce compte a été fermé, et la Banque de France a restitué ces 50 % des réserves de change sur le compte de la BCEAO », s’est-il réjoui, avant d’ajouter : « Néanmoins, une étape reste à franchir, et nous nous battons pour cela en Afrique de l’Ouest. » « Fixité du franc CFA » À en croire Kémi Séba, « le point central de la domination du système colonial français et occidental, de manière générale, réside dans la fixité du franc CFA par rapport à l’euro. Nous voulons l’abolition du franc CFA et nous exigeons que la nouvelle monnaie ne suive plus cette logique. Mais Macron s’y oppose, car en maintenant la parité fixe entre la monnaie des États d’Afrique francophone et l’euro, il favorise les entreprises françaises. L’euro étant une monnaie trop forte pour nos économies locales, cela anéantit la compétitivité de nos pays », a-t-il expliqué. Le conseiller du général Tiani au Niger affirme que, contrairement à certains dirigeants africains « soumis », l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, « travaille rigoureusement à la mise en place d’une nouvelle monnaie en Afrique de l’Ouest ». Pour conclure, il réaffirme qu’une action d’envergure se prépare dans le cadre des 10 ans de l’ONG Urgences panafricanistes. « Nous relançons ce débat sur la souveraineté monétaire et le franc CFA, et nous ne laisserons personne entraver notre combat », avertit-il. Fondée en 2017 par Gilles Stellio Robert Capo-Chichi, l’ONG Urgences panafricanistes mène, depuis sa création, une lutte acharnée contre le « néocolonialisme français » et le manque de souveraineté monétaire en Afrique.

 

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