À quelques jours de l’installation des membres du Sénat au Bénin, Théodore Holo est sorti de son silence. Intervenant ce vendredi 10 juillet 2026 sur une télévision en ligne, l’ancien président de la Cour constitutionnelle a livré ses ambitions pour la future chambre haute du parlement.
Siégeant en qualité de « membre de droit », l’ancien président de la Cour constitutionnelle Théodore Holo compte jouer pleinement sa partition pour l’atteinte des objectifs fixés lors de l’institutionnalisation du Sénat.
«J’irai et je travaillerai en tenant compte de ma vision des choses, et j’espère que cela contribuera à préserver, comme c’est la mission du Sénat, la paix, l’unité sociale, la stabilité politique, l’unité du pays, le développement», a-t-il déclaré, vendredi, dernier.
Pour ce faire, le futur Sénateur entend capitaliser ses expériences acquises non seulement à la tête de la plus haute juridiction en matière Constitutionnelle au Bénin mais aussi des enseignements de la Conférence nationale de 1990, dont il fût un témoin vivant. Dans son intervention, l’Ancien Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération a rappelé que la création du Sénat figurait parmi les propositions faites lors de cette conférence de février 1990.
Mais elle avait été d’office rejetée par plusieurs partis politiques «qui ont pensé que cela ne servirait à rien». Aujourd’hui, «nous avons vu les résultats que cela a donnés», a-t-il indiqué, avant d’ajouter : « Il y a des choses positives dans les dispositions du Sénat, et tout ne peut pas être rose. »
Pour finir, Théodore Holo a insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale malgré les divergences politiques. « Que nous soyons divergents sur des questions, nous n’avons qu’une seule priorité, nous n’avons qu’une seule patrie, nous n’allons pas la détruire», a-t-il conclu.
Une réforme qui divise
Issu de la réforme constitutionnelle de novembre 2025, le Sénat béninois sanctionne de suspension ou de retrait des droits civiques et politiques, les acteurs politiques, exceptés le président de la République, de l’Assemblée et du Conseil Économique et Social (CES), pour leurs actes et propos successibles de porter atteinte à l’unité nationale.
Peuvent siéger au sein du futur sénat, les personnalités ayant au plus 85 ans. Toutefois, pour la première mandature, la limite d’âge ne s’applique pas aux premiers sénateurs qui peuvent siéger même à 90 ans.
La nouvelle institution sera composée d’au moins 25 membres dont les anciens présidents de la République, de la Cour constitutionnelle, de l’Assemblée nationale. Par ailleurs, cinq personnalités ayant été aux commandements des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) seront désignées par le Chef de l’Etat et le président de l’Assemblée nationale.
Le projet de création du Sénat a été jugé « inopportun» et « trop couteux » par une partie des Béninois. Vendredi, les 25 sénateurs désignés ont reçu une convocation du doyen d’âge, l’ancien président Nicéphore Dieudonné Soglo, pour participer à la première séance inaugurale du Sénat prévue le 30 juillet 2026 à l’Assemblée nationale.
Parmi les personnalités attendues, figurent Pascal Irénée Koupaki, Sacca Lafia, Adidjatou Mathys, tous anciens ministres ainsi que Paul Hounkpè, ancien candidat à l’élection présidentielle du 12 avril 2026. Tous ont été nommés en Conseil des ministres du 1er juillet 2026 par le Chef de l’État, Romuald Wadagni.











