« Je vous souhaite la chose la plus rare », lire le message de Dr Hondi du CEROW au Président

Dr Brice Hondi, Président du cercle des élites de Romuald Wadagni (CEROW), s’est adressé au Président Romuald Wadagni à l’occasion de ses 50 ans d’anniversaire. Lire son message intégral. MESSAGE DU PRÉSIDENT DU CERCLE DES ÉLITES DE ROMUALD WADAGNI À SON EXCELLENCE, CHEF DE L’ÉTAT, CHEF DU GOUVERNEMENT ET PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, MONSIEUR ROMUALD…

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Dr Brice Hondi, Président du cercle des élites de Romuald Wadagni (CEROW), s’est adressé au Président Romuald Wadagni à l’occasion de ses 50 ans d’anniversaire. Lire son message intégral.

MESSAGE DU PRÉSIDENT DU CERCLE DES ÉLITES DE ROMUALD WADAGNI À SON EXCELLENCE, CHEF DE L’ÉTAT, CHEF DU GOUVERNEMENT ET PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, MONSIEUR ROMUALD WADAGNI

Monsieur le Président,

Il y a, dans toute votre vie, un seul chiffre que vous n’avez jamais pu vérifier.

Vous avez passé vingt-cinq ans à exiger qu’on prouve tous. À refuser une ligne qui ne s’expliquait pas. À reprendre un bilan qui ne tombait pas juste. À traquer l’écart d’un franc dans des comptes qui s’écrivaient en milliards. Devant vous, tout devait se justifier. Tout, sauf celui-ci : cinquante. Il s’est présenté ce samedi matin sans pièce justificative, sans contrepartie, et personne, pas même le ministre des Finances le plus rigoureux que ce pays ait porté, ne peut le renégocier.

On réforme une économie. On ne réforme pas le temps.

Alors arrêtons-nous une seconde sur ce que ce nombre transporte. Il y a cinquante ans, à Lokossa, personne ne s’est retourné. Une ville du Mono qui n’avait jamais rien donné à l’Histoire du pays venait, sans le savoir, de lui donner un président. L’enfant qui apprenait là-bas la maçonnerie et dirigeait les chantiers de la famille n’élevait que des murs. On lui demande aujourd’hui de bâtir quelque chose qu’il ne verra peut-être pas terminé. Ce qui est, au fond, la seule définition sérieuse d’un héritage.

Vous avez bâti toute votre rigueur sur le visible. Et il existe une ligne qu’aucun de vos audits n’aurait jamais pu écrire : l’essentiel, écrivait Saint-Exupéry, est invisible pour les yeux. Les vrais comptes d’une nation se tiennent dans un registre qu’aucune vérification n’atteint : la confiance de ceux qui n’ont pas voté pour vous, la patience de ceux qui attendent encore la route, l’eau, la lumière. Vous l’avez dit vous-même, le jour de votre investiture, qu’une croissance n’a de sens que « dans la vie ordinaire des populations ». C’est le seul audit qui comptera désormais. Et il ne se rend pas à Cotonou. Il se rend dans les cuisines, sur les pistes de latérite, dans le silence des gens qui ne vous écriront jamais.

Vous avez fait campagne sur une certitude magnifique : « Lorsqu’un peuple décide de se prendre en main, rien ne lui résiste. » Ce soir, retournez-la vers vous. Car le pouvoir, vous allez l’apprendre, est l’arithmétique la plus solitaire qui soit : on y entre à plusieurs, et on répond seul. Votre slogan promettait d’aller plus loin, ensemble. Mais à cinquante ans, on commence aussi à aller plus loin vers quelque chose qu’on affronte sans personne.

Alors je ne vous souhaiterai pas une longue vie. C’est ce qu’on souhaite quand on n’a rien à dire. Je vous souhaite la chose plus rare : qu’au tout dernier arrêté des comptes, celui que nul vérificateur ne contresignera jamais, votre bilan personnel tombe juste. Que la colonne de ce que vous aurez donné dépasse, ne serait-ce que d’un franc, celle de ce que le pouvoir vous aura coûté.

Le reste, Monsieur le Président, n’est que de la trésorerie.

De la part de celles et ceux qui travaillent de leurs mains, et qui n’ont jamais oublié d’où vous venez.

Dr Brice HONDI

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