En juin 2024, les anciens présidents Nicéphore Soglo et Boni Yayi s’étaient rendus à Niamey pour tenter de décrisper la tension entre le Bénin et le Niger. Deux ans plus tard, malgré cette tentative de médiation et plusieurs tentatives de rapprochement diplomatique, la frontière nigérienne demeure fermée.
Le 25 juin 2024, une mission de médiation conduite par les anciens chefs d’État béninois Nicéphore Soglo et Boni Yayi avait suscité de nombreux espoirs dans la sous-région. Reçus par le général Abdourahamane Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie, ils avaient plaidé pour un apaisement des relations entre le Bénin et le Niger, fortement dégradées depuis le changement de régime à Niamey en 2023.
Cette médiation, menée en dehors des canaux officiels classiques, visait à rétablir le dialogue entre deux pays liés par une longue histoire de coopération économique, sociale et frontalière.
À l’issue des échanges tenus dans un climat de « fraternité et de convivialité », les deux parties avaient évoqué la possibilité de mettre en place une commission tripartite qui va réunir les représentants des deux États et les deux anciens présidents béninois. L’objectif affiché était de travailler à un apaisement progressif des relations et à une réouverture de la frontière.
Mais cette démarche n’a pas permis, à court terme, d’aplanir les divergences politiques et sécuritaires demeurées profondes entre Cotonou et Niamey.
L’échec de la mission Soglo-Yayi
Deux ans après la médiation des anciens présidents du Bénin, la situation demeure inchangée sur le terrain. La frontière entre le Niger et le Bénin reste fermée du côté nigérien, les autorités de transition à Niamey accusent Cotonou d’abriter des forces étrangères et de servir de base arrière à des groupes hostiles. Des accusations que les autorités béninoises ont toujours rejetées, affirmant ne pas permettre l’utilisation de leur territoire à des fins de déstabilisation d’un pays voisin.
Cette crise frontalière continue d’avoir des répercussions économiques et sociales importantes, notamment sur les échanges commerciaux et la circulation des personnes entre les deux États historiquement liés par des relations de proximité.
Wadagni en passe de réussir le pari?
Cependant, l’évolution actuelle de la situation semble redonner de l’espoir. En effet, avec l’arrivée du président Romuald Wadagni à la tête du Bénin, une nouvelle dynamique diplomatique est en place. Avant même son élection, ce dernier avait exprimé le besoin d’un rétablissement de dialogue avec Niamey et de restaurer la confiance politique entre les deux capitales.
Dans cette optique, une délégation nigérienne conduite par le ministre d’État chargé de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, s’est récemment rendue à Cotonou dans le cadre d’une possibilité de négociations consacrées à la réouverture de la frontière. Cette mission intervient après la transmission des rapports techniques élaborés par les experts des deux pays aux chefs d’État concernés.
Les deux parties entendent désormais faire le pas idéal susceptible d’instaurer la confiance nécessaire pour la réouverture de la frontière.
Malgré la succession d’incitatives, toujours est-il que la médiation des anciens présidents Soglo et Yayi n’a, à ce jour, pas permis de débloquer durablement la situation. Deux ans après leur déplacement à Niamey, la frontière reste fermée, et la crise Niamey-Cotonou reste toujours en attente d’un véritable règlement politique, dans une sous-région où la coopération entre pays voisins demeure capitale au regard de la montée vertigineuse de l’insécurité.












