« J’ai passé 03 mois environ dans des conditions difficiles », en route pour le Gabon, un migrant béninois raconte

En quête du salut, ils ont pris la route de l’exil qui devrait les conduire au Gabon. Eux, ce sont des migrants béninois. Seulement, l’aventure..

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En quête du salut, ils ont pris la route de l’exil qui devrait les conduire au Gabon. Eux, ce sont des migrants béninois. Seulement, l’aventure a tourné autrement et ils ont été abandonnés en haute mer en Guinée Equatoriale. Rapatriés grâce aux dispositions mises en place par le gouvernement, ils ont retrouvé le sourire. C’est dans le lot en effet que l’un d’entre eux, s’est confié à la presse dans un récit émouvant.

Selon ses dires, il a pris la route de l’exil parce que son travail ne marchait plus. « Mon travail ne marchait plus comme avant, alors j’ai décidé de prendre la route de l’exil en l’occurrence le Gabon. Une fois la décision prise, j’ai croisé un ami qui m’a mis en contact avec quelqu’un. Il m’a demandé de réunir une somme d’argent et m’a envoyé au Nigeria. Arrivé là-bas, il y avait un convoyeur qui nous a pris en charge. », a rappelé l’anonyme au micro de bip radio. Des assurances, il en a eu avant de quitter Bassila, une commune située à plusieurs dizaines de KM de Cotonou. « On m’avait assuré, avant de quitter ma maison à Bassila, qu’en une semaine ou deux, je serais au Gabon. Mais sur place, j’ai découvert plus de trois cents passagers en attente. Au final, j’ai passé environ trois mois dans des conditions très difficiles. C’était vraiment la galère, ils ne nous donnaient presque rien à manger. Pour pouvoir continuer, j’ai dû appeler ma famille pour qu’elle m’envoie de l’argent. », ajoute-t-il. « Parfois on s’arme de courage en raison du chemin déjà parcouru. Plus on franchit les étapes, plus il nous demandait de l’argent. Cent mille francs, cinquante mille francs, et je complétais à chaque fois. Finalement, ils nous ont embarqués dans un grand navire en direction du Gabon qui ne pouvait pas aller directement à destination. Alors, il fallait débarquer les passagers petit à petit. », confie l’interlocuteur. « Près des côtes de la Guinée équatoriale, nous sommes restés bloqués, à court de carburant. Nous avons passé quinze jours sur l’eau. A un moment, on a demandé aux apprentis de nous ramener au Nigeria. Mais sur le chemin du retour, le moteur est tombé en panne. Le patron faisait des allers retours pour prendre à peine cent personnes à chaque fois. Le premier convoi est parti, mais le patron n’est jamais revenu. Nous n’avions plus rien à manger. Ce n’est qu’au 19ᵉ jour que les vagues ont poussé notre navire jusqu’au rivage. Là, nous avons eu un accident ; certains ont perdu la vie, mais d’autres, comme moi, ont été sauvés. Peu après, des soldats guinéens sont venus nous récupérer et nous ont conduits à leur gendarmerie, où nous avons été pris en charge », conclut-il. C’était le mardi 10 décembre 2024 que 54 migrants ont été rapatriés de la Guinée Equatoriale via l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou. Dans le lot, il y avait 29 femmes et 25 hommes.

 

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