Intervention lors des manifestations : Houndégnon critique l’utilisation des forces de l’ordre sous Talon

Au Bénin, les tragiques événements survenus après les élections législatives d’avril 2019, ayant entraîné plusieurs pertes humaines, continuent de susciter des réactions. La plus récente..

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Au Bénin, les tragiques événements survenus après les élections législatives d’avril 2019, ayant entraîné plusieurs pertes humaines, continuent de susciter des réactions. La plus récente est celle de l’ancien Directeur général de la Police républicaine, Louis-Philippe Houndégnon.

Dans une interview accordée à la Web TV BeAfrica, l’ex-directeur de la police est revenu sur cette période sombre de l’histoire politique béninoise. Philippe Houndégnon a exprimé son étonnement face à l’utilisation de balles réelles par la police et l’armée contre les populations, une situation qu’il n’avait jamais observée en trente ans de carrière. Pour lui, les manifestations font partie intégrante de la démocratie, et dans un État démocratique comme le Bénin, il incombe à la police d’encadrer ces manifestations. « C’est le rôle principal de la police », a-t-il déclaré. Louis-Philippe Houndégnon a souligné l’importance de bien distinguer les fonctions de l’armée de celles de la police, une distinction qui, selon lui, tend à se brouiller aujourd’hui. « Le maintien de l’ordre relève de la police, pas de l’armée », a clarifié l’ancien Directeur général de la Police. Il a rappelé les événements de 2019, notamment les coups de feu à Cadjèhoun, où des civils ont trouvé la mort suite à une intervention directe de l’armée, une action qui, selon lui, va à l’encontre de la Constitution. L’article 63 de celle-ci stipule en effet qu’il est nécessaire de séparer le pouvoir militaire des fonctions de police. Responsabilités à clarifier Au cours de son intervention, Philippe Houndégnon a précisé que, selon les dispositions légales en vigueur, l’intervention de l’armée dans une opération de maintien de l’ordre nécessite une réquisition signée par une autorité légalement désignée, comme le maire, le préfet, et dans certains cas, le Ministre de l’Intérieur ou le Directeur général de la Police. Il appelle donc à clarifier les responsabilités dans cette affaire. « Qui a signé la réquisition des forces armées ? » s’est-il interrogé, estimant que cette question est cruciale et devrait être examinée par les avocats béninois pour que les responsabilités soient établies. « Si aucune autorité légalement désignée n’a signé de réquisition, alors ce sont les militaires qui en sont responsables, et non le chef de l’État, Patrice Talon », a précisé Louis-Philippe Houndégnon, ajoutant qu’il n’a pas l’intention de dénigrer l’armée. « L’armée est une institution que je respecte profondément », a-t-il conclu.

 

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